André Silver Konan

Parce que nous n'avons pas le droit de nous taire

Innocent Gnelbin : « Il y a aujourd’hui deux Côte d’Ivoire, en Côte d’Ivoire »

Innocent Gnelbin : « Il y a aujourd’hui deux Côte d’Ivoire, en Côte d’Ivoire »

Pour Innocent Gnelbin, président de 2IDé, « il y a aujourd’hui deux Côte d’Ivoire ». L’un où tout semble parfait et l’autre où il y a la paupérisation. Démonstration.

Lorsque nous regardons nos médias publics et certains médias occidentaux, nous nous surprenons à découvrir deux Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire où tout semble parfait et où l’émergence pour 2020 est à portée de main, et la Côte d’Ivoire que nous peuples vivons amèrement, dans la désolation totale et dans l’oubli grotesque d’une communication savamment orientée.

La Côte d’Ivoire selon son premier responsable aspire à l’émergence à l’horizon 2020. Cette volonté, accueillie avec beaucoup d’enthousiasme par une partie de nos populations, se révèle être une véritable source d’inquiétude et pis une cause de désolation.

En effet, pour mettre en place les fondements de cette émergence, la part de sacrifice demandée au peuple, déjà meurtri par la grave crise poste électorale, se transforme peu à peu en un goulot d’étranglement pour lui.

« La forte croissance que notre économie connaît depuis 5 ans reste problématique. Au lieu d’améliorer les conditions de vie de nos populations, elle est plutôt source de paupérisation »

Quel peuple pourrait s’opposer à ce que son pays soit émergent ? À l’évidence, aucun. Tous ici présents et sans exception, nous recherchons l’émergence, le développement. Pour autant, l’édification de l’émergence, telle que pensée et mise en œuvre en Côte d’Ivoire, suscite de nombreuses inquiétudes.

S’il est vrai qu’un pays émergent c’est une croissance forte et soutenue, il n’en demeure pas moins qu’il doit exister une amélioration significative du cadre économique et social et surtout du niveau de vie des citoyens.

Croissance et paupérisation

Cependant, la forte croissance que notre économie connaît depuis plus de cinq ans reste problématique en ce sens qu’au lieu d’améliorer les conditions de vie de nos populations, elle est plutôt source de paupérisation.

Que signifie donc cette croissance forte, créatrice de richesse qui, appauvrit les populations ? Crée-t-elle véritablement de la richesse ? Ne spolie-t-elle pas plutôt le contribuable ? Au-delà de la communication que font nos pouvoirs publics sur l’amélioration des conditions de vie des ivoiriens, ces derniers vivent tout à fait une autre réalité.

Lorsque nous regardons nos médias publics et certains médias occidentaux, nous nous surprenons à découvrir deux Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire où tout semble parfait et où l’émergence pour 2020 est à portée de main, et la Côte d’Ivoire que nous peuples vivons amèrement, dans la désolation totale.

Ce que nous peuple ressentons, ce sont les augmentations incontrôlées de nos factures d’électricité et d’eau, des produits de première nécessité sur nos marchés, les impôts injustifiés sur nos salaires, nos revenus et sur nos entreprises. Face à toutes ces augmentations que tentent de justifier malencontreusement nos gouvernants, aucune réponse satisfaisante n’est donnée en terme de reforme sociale et économique pour le bien-être de l’ivoirien. Cette réalité est parfaitement décrite dans le classement du PNUD (2015) sur l’indice de développement humain (IDH) qui, classe notre pays au 172ème rang mondial sur 188 pays et au 37ème rang africain sur 54 pays.

Deux Côte d’Ivoire

Le système, tel qu’il fonctionne, laisse à penser qu’il y a deux visions différentes dans la gouvernance étatique. Celle au profit des gouvernants, de leurs familles et de leurs réseaux économiques :

  • le partage des postes de responsabilité au sein du gouvernement et des institutions nationales, dans l’administration…
  • l’octroi de marché de gré à gré aux hommes d’affaires proches du pouvoir notamment les infrastructures pour les jeux de la francophonie à SNEDAI…
  • la gestion familiale du Cacao, la libéralisation de l’audiovisuel qui échoit aux mains des tenants du pouvoir politique…

Et la gouvernance qui consiste à opposer les peuples et à les maintenir dans la précarité, la faim déshumanisante et avilissante. En effet, pour joindre les faits aux spéculations, nous vous avons permis de découvrir quelques populations qui subissent le contre coup d’une gouvernance antisociale, notamment la famille Boundy, les agriculteurs, les populations déguerpies et les souscripteurs de l’agrobusiness.

André Silver Konan

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