André Silver Konan

Parce que nous n'avons pas le droit de nous taire

Redevance RTI: Les questions du PDCI qui fâchent

Redevance RTI: Les questions du PDCI qui fâchent

La question de la redevance RTI s’est invitée à l’Assemblée nationale, lors des débats pour l’adoption, en commission, du nouveau projet de loi (liberticide) sur la presse.

« Quel bilan fait-on de la libéralisation de l’espace audiovisuel dont les bases ont été jetées depuis 1991 ? Quel sont les freins à cette libéralisation au niveau de la télévision ? A combien s’élève annuellement, la redevance RTI prélevée par la CIE ? A quelle hauteur cette recette contribue-t-elle au budget de la RTI constamment en déficit ? ».

Telles sont les questions soulevées par le Groupe parlementaire PDCI, par la voix de Magloire Kouassi. Evidemment, ces questions n’ont reçu aucune réponse précise de la part de l’émissaire du gouvernement, le ministre Bruno Koné, qui a juste rappelé que la redevance rapportait 6 milliards FCFA par an, à la RTI, sur un budget de 20 milliards FCFA.

Redevance RTI

Il faut noter qu’en dépit de ces questions, le Groupe parlementaire PDCI a adopté le projet de loi jugé liberticide et rétrograde. Rien de surprenant, ce parti a un rapport problématique à la liberté de la presse. De nombreux journalistes se sont retrouvés en prison, entre 1990 et 1999, à l’avènement du multipartisme et années suivantes.

Pour rappel, les organisations professionnelles de journalistes ivoiriens dénoncent cette loi rétrograde et liberticide, en s’appuyant principalement sur deux articles, dont l’un consacre le retour de la privation de liberté.

L’article 90 stipule notamment qu’ »est puni d’un emprisonnement d’un à cinq ans (…) quiconque par voie de presse incite à la xénophobie, à la rébellion ou porte atteinte à l’intégrité du territoire national ».

« Le terme “quiconque” validé par le législateur est une hérésie de droit qui a été beaucoup raillé par les internautes ivoiriens”

Le terme “quiconque” provisoirement validé par le législateur est une hérésie de droit qui a été beaucoup raillé par les internautes ivoiriens. Il ne vise pas seulement les journalistes, mais “quiconque” serait auteur ou responsable d’une déclaration, d’une action, d’un fait, qu’il soit de la société civile ou du milieu politique.

« Nous dénonçons aussi l’article 99 de la loi qui dit qu’un journaliste peut être accusé de diffamation si les faits dont il parle, mêmes vrais, se rapportent à la vie privée, à une affaire vieille de plus de dix ans ou est relatif à un fait amnistié. C’est un non sens », a réagi Guillaume Gbato, secrétaire général du Syndicat national des professionnels de la presse de Côte d’Ivoire (SYNAPPCI).

« Cette loi remet du coup outrageusement en cause la dépénalisation des délits de presse acquise au bout de plus de 30 ans de lutte », concluent les dix organisations professionnelles de journalistes.

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