La poussée démographique en Afrique fait peur à la "civilisation" européenne, à en croire 2IDé

Démographie en Afrique : le problème civilisationnel de l’Europe. Lire la déclaration de 2IDé en réponse au Président français Emmanuel Macron, intitulée « Et si le prétendu problème démographique des pays africains révélait un problème civilisationnel pour les États européens.

Les experts et des dirigeants occidentaux éclairés annoncent la place prépondérante que l’Afrique aura dans les années à venir du fait de l’importance de sa population. Toute chose, selon eux, qui nécessite de prendre assez tôt toute sa place dans ce continent. Au même moment, un autre son discordant venant confusément de l’exécutif français tente de jeter une fausse note sur cette espérance universelle.

En effet, une étude menée par le Sénat français intitulée « l’Afrique est notre avenir », stipule entre autre : « Le paradoxe de la situation actuelle est que la France, après avoir été un des seuls pays à avoir eu, après les indépendances, une politique africaine, semble aujourd’hui être dépourvue de stratégie à long terme sur ce continent.

Les Chinois, les Indiens, les Brésiliens, les Américains, les Marocains, les Turcs ont défini des stratégies africaines qu’ils mettent méthodiquement en œuvre. La France semble naviguer à vue… Or une Afrique de 2 milliards d’habitants à 14 km du sud de l’Europe avec autant d’opportunités et de risques devrait être une préoccupation centrale.

C’est pourquoi la France et l’Europe se doivent de participer aux côtés des pays africains à la transformation de ce continent vers un modèle de développement plus durable, plus sûr et mieux partagé. L’Afrique de demain pourrait être un formidable moteur de croissance pour l’Europe et, à l’inverse, son échec serait un cauchemar. »

Démographie en Afrique : une chance ?

La croissance démographique africaine entraîne une montée en puissance d’une classe moyenne de plus en plus importante, estimée à 350 millions d’habitants selon la Banque Africaine de Développement (BAD), dont une classe moyenne stable de 130 millions d’individus. Ces chiffres de la BAD indiquent que la croissance démographique de l’Afrique entre 2000 et 2010 a été de 27.6% tandis que la croissance de la classe moyenne est, dans la même période, estimée à 59.6%.

Cette classe moyenne induit le changement des habitudes de consommation et une plus forte demande des biens et services à valeurs ajoutés. Toute chose qui est source de croissance de plusieurs marchés et qui devrait en principe faire croître durablement et inclusivement l’économie des pays africains. Cette réalité offre donc d’énormes possibilités aux économies des pays d’autres continents.

« À regarder de bien près, à ce jour notre croissance profite beaucoup plus aux États hors de Afrique qu’a l’Afrique elle-même. Parce qu’à ce jour notre économie reste extravertie ».

En plus, cette population africaine, en constante croissance, est en forte majorité jeune. Les africains représentent une part de plus en plus grande de la population jeune dans le monde. Selon The Economist, en 2100, 48% des jeunes en dessous de 14 ans seront Africains.

Aussi et c’est à juste titre que les experts à travers le monde disent que l’Afrique est l’avenir du monde. La ruée vers l’Afrique, ces dernières années, s’est d’ailleurs fait constater avec les Chinois et les Indiens, mais aussi les USA qui, dans la foulée, ont crée le programme AGOA (African Growth and Opportunity Act) et le MCC (Millennium Challenge Corporation) afin de créer un cadre libéral pour tirer en partie vers eux la dynamique de cette croissance démographique et économique.

À regarder de bien près, à ce jour notre croissance profite beaucoup plus aux États hors de Afrique qu’a l’Afrique elle-même. Parce qu’à ce jour notre économie reste extravertie.
Les habitudes de consommation de cette classe moyenne restent adressées aux offres étrangères dans un contexte économique fait d’accords tels les accords de partenariat économique (APE) qui sont des accords de dupe, seulement à l’avantage des Européens.

La croissance de la consommation due à la croissance de la qualité de vie de la classe moyenne profite ainsi aux biens et services appartenant aux capitaux étrangers. Puisque notre économie est extravertie en effet, en rien notre croissance démographique ne peut nous être profitable. Elle ne peut que bénéficier aux économies occidentales sur lesquels notre demande de biens et services reste encore liée. C’est dans ce contexte qu’interviennent les propos d’Emmanuel Macron.

Analyse des insuffisances des propos du Président de la France

Avec tous les indicateurs économiques qui soulignent l’atout que représente la croissance démographique africaine pour les économies occidentales, d’où vient-il qu’en 2017, cette croissance démographique soit un défi pour les États africains, – en termes de difficultés – selon le Président Macron.

La France, les USA et bon nombre d’États occidentaux continuent d’affluer sur le marché chinois en quête de déboucher pour leurs produits et services. Ce d’autant que la forte population de l’empire du milieu, la croissance importante de sa classe moyenne font de ce pays un marché attrayant et incitatif pour une économie qui veut rester dynamique. Pourquoi pas l’Afrique ? C’est tout de même surprenant et même paradoxal qu’on veille nous faire comprendre que nous avons un problème avec nos femmes qui font 8 à 9 enfants chacune.

Le problème de notre continent est de deux ordres. D’une part, une classe dirigeante vorace, aliénée et sans vision pour le continent. La croissance démographique qui pourrait représenter de grandes opportunités pour nos économies ne constitue pas de sujet de prospective.

Avons-nous pris la mesure de ce que gouverner c’est aussi prévoir, planifier et anticiper ? Sommes-nous conscient que ce vaste marché en perpétuelle croissance pourrait représenter une croissance de la consommation, de l’épargne ; ce qui induirait sûrement l’investissement et donc la croissance de l’emploi ?

Savons-nous que les occidentaux et autres investisseurs étrangers n’ont d’autres choix que de traiter avec ce marché et que donc nous avons la possibilité d’imposer des conditions économiques et politiques nettement plus favorables à nos économies et donc à nos peuples ? Nos dirigeants ont-ils la conscience de ce qu’il est nécessaire de planifier le développement là où il y a augmentation rapide de population, qu’il faut tirer profit de ce capital humain ?

Pourquoi demeurons-nous dans la fatalité d’une Afrique condamnée à exporter ses produits agricoles et autres matières premières à l’état brut ? Pourquoi faut-il se condamner à ‘‘nourrir’’ notre classe moyenne avec des produits et services nécessairement d’origine étrangère

Non et non à Emmanuel Macron ! Le problème de l’Afrique n’est pas le problème de nombreuses naissances, bien au contraire. L’important dividende démographique constitue une plus-value dont il faut tirer profit. N’en déplaise à l’exécutif français et à ses valets africains, ces classes dirigeantes foncièrement méchantes, pilleuses de nos économies et n’ayant aucune conscience du bien-être des générations futures ! C’est pathétique de voir que la vie pour eux ne s’arrête qu’à leurs pieds et à leurs barbes.

Il est prouvé par des institutions comme la Banque mondiale que le dividende démographique pourrait générer un taux important du PIB de nos États, à condition qu’il y ait une amélioration de l’éducation, de la formation, des infrastructures convenables et des mécanismes endogènes capables d’employer des jeunes ainsi que la gouvernance efficace pour mettre tout ceci en place.

D’autre part, le problème des pays africains peut être compris comme la conséquence de la mise en place ou à tout le moins le silence complice des pays occidentaux à favoriser des politiques visant à faire des pays africains des vaches à lait pour leur économie. D’ailleurs, l’épineuse question du francs CFA participe de cela. Nous y reviendrons dans un autre débat.

La face cachée des propos de Macron

En réalité, les propos du Président de la France cachent bien mal, un problème civilisationnel que l’Occident redoute. Précisément pour révéler l’image de soi dans son propre discours, ces propos traduisent un malaise civilisationnel dans lequel transpire tout entier la frustration personnelle du citoyen européen qu’est Emmanuel Macron, lui-même se sentant condamné à une disparition certaine. Suivez mon regard !

Maintenant, tâchons d’être plus objectifs, il suffit d’observer la croissance démographique des États occidentaux pour le comprendre. La croissance démographique européenne est faible comparée aux autres continents. Depuis 1950, la part de l’Europe dans la population mondiale n’a cessé de diminuer. Les chiffres qui suivent étayent nos propos quant à la part de l’Europe dans la population mondiale :
• En 1960 ; 20.1%,
• En 1970 ; 17.8%,
• En 1980 ; 15.6%,
• En 1990 ; 13.6%,
• En 2000 ; 11.9%,
• En 2010 ; 10.6%,
• En 2015 ; 10%

Plus nous progressons dans le temps, plus la courbe de la population occidentale est en chute libre et illustre clairement la diminution en nombre de cette population. Ce qui implique la nécessité de rechercher de la main d’œuvre à travers le monde, notamment de l’Afrique. En tout état de cause et contrairement à ce que dit Macron, la croissance démographique de l’Afrique est une condition de la survie de l’Europe et de la pérennité de l’humanité toute entière.

La crainte du Président gaulois serait peut-être celle d’une tentation à une colonisation à contre rebours ; elle serait certainement celle d’une Afrique dont la population serait de plus en plus importante et qui influencerait sévèrement la civilisation occidentale dont la population dépérit année après année.

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Le risque d’une disparition certaine de la descendance des fils de Japhet est à prendre en compte dans l’hystérie qu’éprouve le sieur Président. L’inquiétude, puisqu’il s’agit d’une, est aussi et surtout là. En la matière sommes-nous responsable de la destruction de la cellule familiale dans les pays occidentaux du fait de leurs propres manquements ? Non, il faut bien que chacun assume son choix que de vouloir manipuler l’histoire tout en voulant faire porter aux autres ses turpitudes.

En 2050, l’âge médian de la population mondiale sera de 36.1 et celui de l’Afrique sera de 23.7 pendant que celui de l’Europe seras de 46.2 an. Vous comprenez la direction de la courbe qui tangue vers l’infini pour les uns et les autres.

Aux peuples africains, il est temps que nous réagissions avec énergie. Personne ne doit accepter ce genre de mépris pour nos mères ! Le salut et l’avenir pour nous autres africains est de rester Africains et dignes de l’être, comme le disait le Camarade-Président Thomas Sankara. Il nous faut bouter hors de notre continent tous ces dirigeants souillés et répugnants qui hypothèques notre avenir. Nous le devons et nous pouvons maintenant !
Trop c’est trop… Maintenant, passons à l’action !

Innocent Gnelbin
Président de 2IDé

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