Les terroristes ont éncore frappé à Ouagadougou, ce 13 août 2017

Attaque Ouagadougou : « Les terroristes n’ont aucune cohérence politique ou spirituelle », selon Innocent Gnelbin, président de 2IDé.

Dans la nuit du 13 au 14 août 2017, une nouvelle attaque a eu lieu dans un hôtel et dans deux restaurants à Ouagadougou au Burkina Faso. Cette autre attaque après celles de janvier 2016 a fait, au moins 18 victimes.

2IDé par ma voix apporte tout son soutien au peuple frère du Burkina Faso et exprime son réconfort à toutes les familles des victimes. J’exprime des vœux de prompt rétablissement aux blessés.

La stupeur et la désolation ont envahi les peuples d’Afrique et du monde face à ce nouvel acte d’un autre âge commis à Ouagadougou. Le peuple burkinabé a tant souffert dans sa lutte héroïque contre le système totalitaire de Blaise Compaoré que nous imaginons aisément sa peine dans de telles circonstances.

Ce d’autant que la révolution entamée à la chute de l’ancien Président reste une symphonie inachevée. Pendant que le travail politique est en cours pour relever les énormes défis démocratiques à venir, voilà que des individus sans foi ni loi viennent troubler le jeu politique déjà bien difficile.

Défis nouveaux

Ces défis nouveaux pour nos luttes démocratiques sont à regarder de bien près par les démocrates du monde entier. Ce d’autant qu’ils font le lit du renforcement de la dictature. En légitimant le renforcement de leur capacités militaires et les accords de défense avec des dirigeants qui leur sont proches.

Hélas généralement et au finish, au lieu que ce renforcement militaire soit fait pour la défense du pays et de ses peuples, il est utilisé pour la répression intérieure. Mais aussi et pour s’assurer une pérennité de son pouvoir. D’ailleurs les occidentaux pour les intérêts de sécurités régionales sont prêts à renforcer tout régime. Fût-il un obstacle au bien-être de son peuple.

Nous restons néanmoins sûrs que cette approche naïve de la part de pays qui pourtant font de la prospective, reste improductive. Et cela nous entraîne constamment dans un cercle infernal d’actes terroristes. À moins que l’objectif inavoué ne soit de maintenir nos États dans leurs échecs à répétition.

« En réalité ce sont de gros voyous, des malades mentaux qui pensent jouer sur un tableau dans le monde imaginaire qui est le leur »

De ce point de vue encore, l’erreur peut se révéler fatale. D’autant que notre monde est de plus en plus ce village planétaire. Un adage bien connu dit : « Lorsque la case de ton voisin brûle, la tienne n’est pas loin d’accueillir les flammes ». Cet adage prend tout son sens dans un contexte de globalisation. Car nous sommes d’avis que les peuples du monde partagent la même communauté de destin.

Failles majeures

L’une des failles majeures de notre système sécuritaire face au terrorisme est la fragilité de nos institutions. Elle-même due à la faiblesse de notre cadre démocratique. Nos dirigeants très souvent illégitimes sont causes de division profonde au sein des peuples. De sorte que pour masquer leurs illégitimités, ils sont prêts à jouer sur les divisions tribales, religieuses, etc.

Toute chose qui ouvre la porte d’entrée aux extrémismes de tout genre. Ensuite, la mal-gouvernance et la gestion sans partage entraîne une paupérisation galopante des populations. Si bien que c’est justement parmi ces populations vulnérables que les plus grands recrutements se font.

Il convient donc en pareille circonstance de rappeler à nos braves populations africaines ceci. Nous gagnerions à nous désolidariser et à prendre notre distance vis-à-vis de ces pratiques. Même lorsque nous estimons n’avoir plus aucun espoir. Ce qui nous est donné de voir est que ces terroristes par leurs actes font des victimes au-delà de celles qu’ils prétendent viser.

A lire du même auteur :

« Se pardonner passe par la vérité sur les grands crimes de notre histoire » (Gnelbin)

Manifestement, il n’existe aucune cohérence stratégique qui soit politique, hégémonique ou spirituelle au travers de leurs actions. En réalité ce sont de gros voyous, des malades mentaux qui pensent jouer sur un tableau dans le monde imaginaire qui est le leur. Malheureusement dans leurs petitesses, ils endeuillent de nombreuses familles.

Quelle est la valeur ajoutée de leurs actions si ce n’est de renforcer les mesures liberticides et anti-démocratiques dans nos différents États où la démocratie est encore balbutiante ?
Ces gens-là doivent être combattus par tous. Sans exception et surtout par les démocrates à travers le monde.

C’est pourquoi nous nous associons au peuple du Burkina pour pleurer ces morts et nous ériger contre l’obscurantisme.

1 COMMENTAIRE

  1. Très belle analyse! Je suis totalement d’avis que:  » L’une des failles majeures de notre système sécuritaire face au terrorisme est la fragilité de nos institutions. Elle-même due à la faiblesse de notre cadre démocratique. Nos dirigeants très souvent illégitimes sont causes de division profonde au sein des peuples. De sorte que pour masquer leurs illégitimités, ils sont prêts à jouer sur les divisions tribales, religieuses, etc.

    Toute chose qui ouvre la porte d’entrée aux extrémismes de tout genre. Ensuite, la mal-gouvernance et la gestion sans partage entraîne une paupérisation galopante des populations. Si bien que c’est justement parmi ces populations vulnérables que les plus grands recrutements se font ».

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