Les 40 kg de fétiches pris sur Amadé, lors de son arrestation

Aujourd’hui, nous vous livrons l’acte 4 du récit intitulé « Il était une fois Amadé Ouérémi, terreur du mont Péko ». Un texte signé de Anni Maxime Kouamé, témoin tantôt direct, tantôt indirect de cet épisode de l’histoire récente de la Côte d’Ivoire.

Tout était lourd: le temps, le paysage. L’eau qui coulait sous son pont avait cessé de bouger. Les feuillages étaient inertes tandis que le vent s’était donné un temps d’observation. Même les oiseaux ont choisi de faire profil bas.

Tous fuient comme si cela était annonciateur de l’apocalypse. Amadé le savait-il ? Pendant ce temps, la ville de Duékoué était inondé de nombreux hommes en tenues militaires et d’impressionnantes armes.

Toutes les forces à savoir la Gendarmerie, les Forces terrestres, la Police, les agents des Eaux et Forêts, déambulaient dans les rues au grand dam des populations. Les Forces spéciales quant à elles continuaient leur route dans la sérénité et le silence.

« Sous ses habits, une quarantaine de kilogrammes de talismans et de gris-gris. Il ne savait certainement pas qu’il donnait son dernier sourire. A ses yeux, il était tellement devenu important »

Selon certaines indiscrétions, tout au long de leur chemin, les éléments des FS étaient constamment appelés pour vérifier l’effectivité de leur déplacement. Dans ce cas, il fallait s’empresser pour user des subterfuges pour appréhender Amadé avant leur arrivée. Un détachement de soldats en provenance de Man conduit par le Commandant des opérations terrestres de la zone fit escale à Bagohouo.

Une délégation restreinte se dirigea dans le fief d’ Amadé laissant derrière elle, un contingent impressionnant. Les soldats partirent avec un journaliste. Tous sentirent la fin du règne d’Amadé, sauf le concerné lui-même.

Arrivés sur les lieux, les échanges de civilités étaient engagés entre les deux parties dans une atmosphère amicale et détendue. Le commandant informa Amadé de ce que le commandant de l’opération des Nations-Unies, un colonel serait à Bagohouo dans les heures qui suivaient et il se devait de s’y rendre.

Selfies et gris-gris

Amadé se permit des séances de photos avec les soldats venus lui rendre visite comme s’il sentait la fin de son règne. Il demanda à ses hommes de se mettre dans leurs beaux apparats militaires pendant que lui même alla se changer. Il porta un pantalon en pagne de couleur verte et un survêtement bleu.

Sous ses habits, une quarantaine de kilogrammes de talismans et de gris-gris. Il ne savait certainement pas qu’il donnait son dernier sourire. A ses yeux, il était tellement devenu important. Trop même pour que le commandant des forces onusiennes vienne le voir, lui le Nikiema.

A l’une de mes questions à un de ses lieutenants, pourquoi si Amadé disposait de tous les fétiches, comment n’avait t-il pas pu voir venir les événements. Mon interlocuteur après un long moment de silence me fit croire qu’il voulait que la vérité éclate enfin. Je ne crus pas un traître mot de ce qu’il avançait sinon il n’aurait pas pris des dispositions.

Le Commandant Loss mit Ouérémi en confiance. Amadé et ses éléments montèrent dans leurs véhicules et foncèrent tous à Bagohouo où était sensé se trouver le colonel des forces onusiennes. Il y avait des militaires, des cargos, des armes partout pour une simple rencontre. De toute façon, de quoi devrait-il avoir peur ? Lui le dépositaire des fétiches ?

A lire, l’acte 3 ci-dessous:

Amadé Ouérémi, terreur du mont Péko (Acte 3)

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here