Plusieurs chefs d'entreprises sont détenus, sans jugement, alors que le gouvernement peine à faire rembourser les souscripteurs

Lettre ouverte au Président Ouattara. Innocent Gnelbin, président de 2IDé réclame la libération de Mme Michelle Koffi, la responsable d’Agricash, qui s’était exprimée à la télé, lors du débat télévisé sur l’agrobusiness. Celle-ci, pourtant rembourse à 100% ses souscripteurs. Ci-dessous, la lettre ouverte.

Lettre ouverte au Président Alassane Ouattara

Excellence Monsieur le Président de la République.
Je viens par la présente implorer votre magnanimité afin que vous autorisiez la libération de Madame Koffi Michelle. Elle est incarcérée à la MACA, sans jugement, depuis le 23 Mars 2017.

Monsieur le Président, l’incarcération de cette chef d’entreprise a fait suite à la crise dans l’agrobusiness en Côte d’Ivoire. En effet, chef de l’entreprise Agricash, elle a été arrêtée et jetée en prison sans aucun jugement. Dès lors, il convient, Monsieur le Président de vous expliquer pourquoi cette dame n’a pas sa place en prison.

La crise de l’agrobusiness, appelons la ainsi, a éclaté après qu’un Conseil des ministres a appelé les populations à la prudence et à la vigilance quant à cette activité et son modèle de financement, suite à la correspondance du Conseil national de crédit (CNC).

« Son entreprise à été l’une des rares à pouvoir faire rembourser 100% du capital de ceux qui y ont souscrit. C’est pourquoi, il importe que vous fassiez libérer cette femme »

Aussi, faut-il déjà noter qu’aucune plainte ne découle d’un souscripteur ou d’une quelconque partie de cette activité mais d’une observation du CNC. Ainsi, est-il normal et légitime que vos concitoyens soient grandement étonnés d’un tel acharnement contre l’agrobusiness. Puisque selon vos propres dires, à l’occasion de la fête du travail dernière, vos services ont donné une caution (morale, juridique et administrative) à cette activité, quoique vous vous disiez fait abuser.

En tout état de cause, il est tristement regrettable qu’un pays comme la Côte d’Ivoire se fasse tromper à cette échelle pendant plus de 6 ans. Cela dit, Excellence, vous avez demandé la mise en place d’un Groupe de travail sur l’agrobusiness (GTA).

Juge et partie

L’appréhension des populations au sujet de ce GTA était positive dans le sens où pour elles, il s’agissait pour votre gouvernement d’une approche positive. Dans le but de les protéger et préserver l’intérêt général. En créant un cadre institutionnel et réglementaire pour l’agrobusiness, ce qui est logiquement votre devoir.

Hélas, mille fois hélas, le GTA va très vite prendre l’allure d’une chambre d’accusation.
Au niveau formel, il ne figure aucune entreprise d’agrobusiness encore moins un souscripteur au sein du GTA. Seul l’accusateur, le gouvernement et ses démembrements y figurent.

Dans le fond, la méthode de travail du GTA et du gouvernement finira par s’opposer à votre volonté « exprimée de sauver votre peuple. » En effet, le GTA convoque et entend les chefs d’entreprise en prenant soin de refuser la présence de leurs avocats.

Alors qu’il est prévu de visiter les plantations, ce sont les comptes bancaires qui sont mis sous surveillance. Puis gelés sans la nomination d’un administrateur séquestre. Dans la foulée, trois chefs d’entreprise sont arrêtés. Ils demeurent jusqu’à ce jour sans jugement.

Pour les autres, il s’en suit des intimidations, des convocations à la police économique et des mandats d’arrêt. Des domiciles et des sièges d’entreprises sont perquisitionné. Sans aucun mandat et des biens sont emportés.

Enfin, c’est votre gouvernement qui décide en Conseil des ministres de l’arrêt des activités des entreprises d’agrobusiness. Et du remboursement de tout ou partie du capital des souscripteurs, à leur grand dam…

Monsieur le Président de la République.

Est-il encore besoin de signifier que contrairement à vos interventions sur la nécessité de l’État de droit, la démarche de votre gouvernement a été solitaire, cavalière et anticonstitutionnelle ?

Dans ce cas d’espèce, Monsieur le Président, l’Exécutif s’est malheureusement arrogé les pouvoirs du judiciaire. En violation flagrante du principe de la séparation des pouvoirs.

Excellence, vous savez très bien, d’un point de vue libéral, que les affaires ne font pas bon ménage avec le libre jeu du marché. Et que ce libre jeu pour sa transparence doit être régulé par le Tribunal du Commerce. Pourquoi vos services ont-ils délibérément, durant toute cette affaire, ignoré ce tribunal ?

Monsieur le Président, vous avez accédé au pouvoir dans une situation chaotique qui a appauvri considérablement le peuple. Ce dernier se bat assez difficilement pour avoir de quoi vivre. Avec la caution des pouvoirs publics et des autorités de ce pays, ils ont dans l’agrobusiness dans l’espoir d’un gain.

Partons du postulat que cette activité est une arnaque. Pensez-vous que « la solution », dans l’intérêt de ces personnes qui y ont mis tous leurs investissements, est de geler les comptes ? Ou même de demander aux services de l’État de leur rembourser des miettes ?

Monsieur le Président de la République.

N’aurait-il pas été plus sage et plus judicieux de travailler à suivre ces entreprises pour qu’elles remboursent au moins les Retours sur investissement des souscripteurs ? Hélas, l’acharnement du gouvernement a été et reste encore très mal compris par des millions de personnes liées de près ou de loin à cette affaire.

Excellence, en réalité ce qu’un peuple attend de son chef, c’est que ce dernier tienne compte des intérêts de son peuple et non de ceux des milieux financiers. Après huit mois de crise, ce que retient votre peuple, c’est que vous avez décidé d’ignorer ses souffrances dans cette affaire et vous ne pouvez pas imaginer leur ampleur…

L’agrobusiness aurait pu tout simplement être régulé pour en faire un atout de développement. D’ailleurs le financement participatif qui la soutenait, pouvait être régulé en Côte d’Ivoire dans l’intérêt du financement de notre économie nationale, en lieu et place de milliards d’Eurobond qui finissent par créer un super endettement dont la maîtrise est complexe, même si l’on pense que le taux d’endettement reste raisonnable.

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Monsieur le Président de la République, Mme Michelle Koffi a collaboré sur toutes les questions relatives à l’agrobusiness. Elle a été, à maintes reprises entendue par vos services. Elle s’est même prêtée au jeu de la démocratisation de l’information sur la RTI.

Son entreprise à été l’une des rares à pouvoir faire rembourser 100% du capital de ceux qui y ont souscrit. C’est pourquoi, il importe que vous fassiez libérer cette femme, mère de plusieurs enfants. Qui n’a fait que montrer toute sa bonne foi dans le déroulement de cette affaire. Il convient aussi, au-delà d’elle, de libérer les autres chefs d’entreprise. Et d’arrêter les poursuites inutiles et improductives.

Excellence Monsieur le Président de la République.

S’il vous plaît, libérez vos frères et sœurs en prison et décrispez l’atmosphère. En aidant les entreprises à honorer leurs engagement vis-à-vis de ces Ivoiriens meurtris !
Vous êtes le PERE de la Nation … réagissez !

Innocent Gnelbin
Président de 2IDé

1 COMMENTAIRE

  1. Mr Gnelbin, merci pour votre lettre au Pr, vous aviez dit haut ce que la majorité dit bas, ou avec violence. J’ose esperer que le Pr Ouattara vous entendra. Papa Houphouet vous êtes où ? ! Il nous avait toujours ecouté , Papa Boigny. Le vrai bonheur…. hum! Les gens meurent, ils ont tout perdu, et rien à l’horizon! Le regret est dans toutes les maisons. Ecoutez « Radio Treichville Pr Ouattara comme le faisait le Père de la Nation votre « Model »?!.
    Merci

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