Jeune fille africaine, arrête de chercher à « gbasser » un « bon mari », cherche un bon travail. Ce texte d’opinion a été inspiré par un post de mon ami Anselme Zimin.

Celui-ci disait ceci : « Une femme marabout vient de s’installer dans notre immeuble, juste en face de moi. La visite, en ces lieux, de trois filles, très jeunes (qui n’ont pas fini d’être surprises par leurs menstrues) m’a laissé sans voix ».

Il ne fait l’ombre d’aucun doute. Ces trois adolescentes sont allées vers cette vraie fausse vendeuse de destin, pour obtenir des filtres d’amour. Objectif : « gbasser » de futurs pigeons. En vue d’obtenir de ceux-ci plus de téléphones portables, plus d’argent et plus de fringues, sans rien faire. Des vendeuses de gésiers comme on les appelle à Abidjan, mues par la facilité, l’envie et la paresse.

La jeune fille africaine et le « gbass »

Mais que les choses soient claires ! D’ici quelques années, il sera difficile pour une femme africaine ou non, aussi belle serait-elle, de trouver un « bon mari », tant qu’elle ne serait pas capable de supporter une partie des dépenses de son foyer. Et les « gbass » et autres envoûtements plus ou moins efficaces n’y changeraient rien.

Etant entendu que le « bon mari », pour certaines Africaines, c’est celui qui s’occupe prioritairement de sa femme et des ascendants de celle-ci, voire du village de cette dernière.

Le recours systématique aux marabouts et autres féticheurs procède de cette mentalité. Certes, une mentalité héritée de la culture occidentale, mais depuis lors, abandonnée par celle-ci.

« En Côte d’Ivoire, cette culture de la femme au foyer a été introduite dans les moeurs familiales par les compagnons de l’aventure 46 »

De fait, la culture de la femme au foyer n’est pas africaine, elle est européenne. Dans les années 90, un tiers des Françaises se déclarait femme au foyer. Depuis 2013, seule une femme sur cinq est au foyer en France. Dans les années 40, alors que les femmes n’avaient pas le droit de vote en France, sur dix Françaises, neuf déclaraient être au foyer.

En Côte d’Ivoire, cette culture de la femme au foyer a été introduite dans les moeurs familiales par les compagnons de l’aventure 46. Ces premiers étudiants ivoiriens devenus premiers cadres de l’administration, après les indépendances, sont rentrés de France, avec cette « mode ».

Culture du partage du travail

Qui tranchait avec la vision africaine du travail, dans le foyer. Une culture du partage du travail champêtre qui subsiste encore de nos jours. Dans nos contrées africaines, tandis que l’homme s’occupe du champ d’igname et de riz, la femme cultive le champ d’arachides et de légumes.

Cette « mode » est aujourd’hui…démodée. Et persister à trouver des hommes ayant ce profil relève du suicide matrimonial. Parce que les emplois sont rares pour tous et les ressources de plus en plus équilibrées entre hommes et femmes.

Nous nous dirigeons vers une société de classe moyenne, qui vit avec un revenu moyen. De sorte que le revenu d’un seul individu ne peut plus suffir à offrir une vie commode à deux personnes.

Cinquante-cinquante

Nous allons donc vers une société de cinquante-cinquante. Ce n’est pas une volonté des hommes qui deviendraient davantage radins, non. C’est une exigence de notre réalité quotidienne du 21è siècle.

A mon niveau, j’inculque à toutes les femmes de ma vie (façon de parler, pour désigner mes filles, nièces, amies, etc.) que l’homme n’est pas plus intelligent que la femme. De sorte qu’elles doivent travailler à l’école, exactement comme travaillerait un homme.

Je leur dis aussi qu’au 21è siècle, et dans les années à venir, il leur sera difficile d’avoir un « bon mari » qui va s’occuper d’elles, sans qu’elles n’apportent rien dans les dépenses du foyer. Le mec finira par s’en aller. Non qu’il serait de mauvaise foi, mais simplement parce qu’il ne pourrait pas supporter une double charge.

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Tant que les parents que nous sommes, ne ferons pas ce travail de conscientisation et laisserons nos filles croire (comme leurs aînées des années 90) que réussir leur vie, c’est avoir un « bon mari », nous serions de mauvais parents.

Je répète : le temps arrive et il est déjà arrivé où l’homme ne se contentera pas d’avoir une femme au foyer, il lui exigera une part égale dans les dépenses du foyer. Qui vivra verra !

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