Six civils ont été tués gratuitement à Arrah, par des gendarmes qui ont été mis aux arrêts

Ceci est un plaidoyer pour l’indemnisation des victimes de bavures policières (militaires ou de gendarmes) et d’erreurs judiciaires. Suite à la fin de l’enquête qui a conclu à la responsabilité de six gendarmes, dans le meurtre de six civils à Arrah.

« L’enquête ouverte est terminée. Les six gendarmes ont été déférés. Ils seront poursuivis pour homicide volontaire. Les gendarmes n’étaient pas du tout en légitime défense. Aucune des victimes n’avait une seule arme. 

Le rôle des forces de défense et de sécurité n’est pas de tuer. C’est d’arrêter les bandits sauf en cas de légitime défense », a conclu, dans un point de presse, hier Ange Kessy Kouamé, le procureur militaire.

« L’impunité est la mère de tous les maux en Afrique. L’Etat a l’obligation de définir un cadre juridique pour l’indemnisation des victimes de bavures et d’erreurs judiciaires »

Le 27 mai 2017, six employés d’une société de pompes funèbres abidjanaise, en mission à Arrah, ont été abattus par des gendarmes en poste dans ladite localité. Ceux-ci ont expliqué qu’ils les avaient pris pour des braqueurs. Peu avant, en effet, des braqueurs « à pied » avaient emporté 32 millions, dans un commerce de la ville.

Le commandant supérieur de la gendaremerie, le Gl Nicoals Kouakou avait immédiatement indiqué qu’une enquête serait ouverte et qu’aucune impunité ne serait accordée, si les faits établissaient la responsabilité des éléments de la gendarmerie.

Indemnisation des victimes de bavures

En n’accordant aucune espèce de protection aux six gendarmes qui ont abattu, sans sommation, ni raison valable (les victimes étaient désarmées et ne présentaient aucune menace visible) les six employés des prompes funèbres, à Arrah, le commandement supérieur de la gendarmerie envoie un message très clair à tout le Corps.

L’impunité est la mère de tous les maux en Afrique. L’Etat a l’obligation de définir un cadre juridique pour l’indemnisation des victimes de bavures et d’erreurs judiciaires. Cela existe dans des pays comme les Etats-Unis et la France. Il n’y a aucune raison qu’on ne puisse pas en faire autant en Côte d’Ivoire.

Le yako du gouvernement apporté de façon indiscriminée à des victimes, à travers le ministère de la Solidarité est une bonne chose. Cependant elle n’est pas inscrite dans un cadre structurel et juridique. De sorte que cette compassion est à géométrie variable.

Sauf erreur de ma part, je n’ai pas entendu que des émissaires du gouvernement se sont rendus dans les familles des victimes de cette bavure. Et pourtant, six vies ont été arrachées à l’affection de leurs familles. Six vies gâchées. Des enfants, des parents dont la vie dépendait certainement de ces hommes, désespérés. 

A lire : « Arrah; 6 civils tués par des gendarmes »

Il est important et plus qu’urgent, que l’Etat se penche sur ce problème. Les victimes de bavures et d’erreurs judiciaires (longues détentions sans jugement, mauvais jugements, fausses accusations, etc.) doivent être indemnisés.

De fait, une partie du financement de ce fonds d’indemnisation pourrait être faite par la solde suspendue des coupables. Cela aura au moins le mérite de faire réfléchir plus d’un bourreau potentiel…

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