Remise du prix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, mardi 27 juin 2017, à Paris

Prix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, de l’Unesco et panne de stratégie de paix au PDCI. Décryptage dans la forme et dans le fond, sur ce que devrait faire le PDCI, pour la paix et la réconciliation, en Côte d’Ivoire, et qu’il ne fait pas ou pas assez.

Deux ou trois choses pour mettre tout le monde à l’aise. Je suis particulièrement fier de ce prix et de son titre éponyme, qui inscrit dans la postérité ce grand nom de la politique africaine des années Indépendance: Félix Houphouët-Boigny.

Je n’ai rien contre les politiques ivoiriens qui effectuent le déplacement à Paris, siège de l’Unesco. Tout comme je n’ai rien contre le fait que l’Unesco ait désigné Henri Konan Bédié comme protecteur dudit prix. C’est un rôle qui lui va bien d’ailleurs. Suivez mon regard…

Cependant, je pense que la Côte d’Ivoire ne tire pas assez profit de ce prix. Dans la forme comme dans le fond. Et je pense que le PDCI, parti fondé par Houphouët, héraut de la paix et du rassemblement, ne fait pas assez, pour la consolidation de la paix en Côte d’Ivoire, à travers le rassemblement des enfants de cette patrie.

Prix Houphouët-Boigny à Yakro ?

Dans la forme, je pense que notre pays devrait pouvoir demander à l’Unesco de remettre le prix qui porte le nom de son premier Président, en Côte d’Ivoire. Spécialement à Yamoussoukro. La ville a tout pour pouvoir accueillir un tel évènement.

A commencer par la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix. Imaginez le gain politique, économique, financier, touristique, pour la Côte d’Ivoire, si un tel écènement était organisé à Yamoussoukro.

D’abord tous ces politiques n’auraient pas à se déplacer à Paris et les finances de l’Etat en souffriraient moins. Avant, pendant et après la remise du prix, la ville accueillerait assez d’invités, pour que les hôteliers, les restaurateurs, les agences de voyage, etc; s’en frottent les mains.

« Si en 2020, il s’agit de continuer une gouvernance politique peu soucieuse de la réconciliation, il vaut mieux ne pas y aller. Les Ivoiriens seraient moins tolérants envers vous qu’avec le RDR »

Dans le fond, je pense que le PDCI oublie quelques fois ce qu’il a été : un parti de paix, à travers le rassemblement. Pendant la conquête du pouvoir pré-1960, Houphouët et ses compagnons ont été violemment combattus par des adversaires ivoiriens, suscités ou non, par le colon.

Quand il est arrivé à la Présidence, Houphouët a rassemblé partenaires et adversaires, au sein du PDCI, d’où l’idée dévoyée par la suite, du parti unique. Car il faut bien savoir que le multipartisme en Côte d’Ivoire n’a pas commencé en 1990, comme on le croit.

Avant 1960, outre le PDCI, il y avait le Bloc démocratique éburnéen, le Parti de l’Union française de Côte d’Ivoire, le Parti progressiste de Côte d’Ivoire, l’Entente des indépendants de Côte d’Ivoire, le Comité national de Libération de la Côte d’Ivoire, etc.

Certes aujourd’hui, Guillaume Soro essaye de prendre le leadership sur la question de la paix et du rassemblement, mais il lui manque un peu de méthode (j’y reviendrai). De même, une partie de ses anciens compagnons de guerre, constituent davantage un boulet qu’un atout. Bref.

S’impliquer davantage

Le sentiment de l’observateur est que le PDCI d’Henri Konan Bédié aurait pu s’impliquer davantage dans la question de la réconciliation et du rassemblement des Ivoiriens, et les résultats seraient meilleurs. La réconciliation intra-muros initiée par la haute direction du Vieux parti, est bonne, mais elle serait parfaite, si elle allait au-delà des militants du PDCI.

Les Ivoiriens vont davantage applaudir s’ils voient des images d’un Henri Konan Bédié recevant dans son domicile parisien, au milieu des défenses d’ivoire, un Eric Kahé, ancien ministre de Laurent Gbagbo et déclarant qu’il lui offre sa « protection », s’il décide de rentrer de son exil forcé.

Il y aura sans doute un vent de paix qui soufflerait davatage sur la Côte d’Ivoire, si le PDCI, appelait à une réunion du RHDP, pour faire des propositions au gouvernement, en vue de libérer tous ces prisonniers politiques qui ne sont pas jugés et condamnés ou dont le jugement traîne depuis des mois, voire des années.

Le PDCI a organisé un meeting pour la paix à Yamoussoukro, il a vu le succès que cela a connu. Mais il doit aller au-delà d’un meeting. Les premiers responsables doivent véritablement prendre le leadership sur la question de la paix, à travers le rassemblement non des militants du PDCI, mais des Ivoiriens qu’ils aspirent à rediriger en 2020.

A lire, sur le même sujet : « Le PDCI recrute… »

Ce n’est même pas moi qui vous le demande, c’est le PDCI d’Houphouët et sa philosophie politique qui vous l’imposent. En 2020, s’il s’agit de diriger des Ivoiriens, en laissant en marge d’autres Ivoiriens. S’il s’agit de laisser mourir en prison des opposants, sous le prétexte que la justice serait indépendante et irait à son rythme, surtout quand il s’agit d’opposants.

Si en 2020, il s’agit de continuer une gouvernance politique peu soucieuse du rassemblement, de la tolérance et de la réconciliation, il vaut mieux ne pas y aller. Les Ivoiriens seraient moins tolérants envers vous qu’avec le RDR. Or, c’est maintenant que vous devez prouver que vous serez le Plus grand commun rassembleur des Ivoiriens.

Parrainer un prix Houphouët-Boigny, pour la recherche de la paix, à l’étranger, c’est bien. Mais mettre en pratique les enseignements d’Houphouët-Boigny, sur la paix et le rassemblement des Ivoiriens, c’est encore mieux. C’est mon avis, et je peux sans doute me tromper…

1 COMMENTAIRE

  1. Je disais la même chose ce matin sur ma page Facebook. Car pour moi celui qui se tait face à cette situation est aussi coupable que ceux qui entretiennent les crises dans notre pays.

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