Voici pourquoi nos dirigeants choisissent de créer des emplois précaires. Décrytage d’Innocent Gnelbin, président de 2IDé, dans ce texte préalablement écrit sous le titre : »Le système dominant est en train de nous perdre ! ».

Les normes de bonne gouvernance ont quitté notre pays depuis des lustres. Les régimes se succèdent et se ressemblent. Ils rivalisent même d’ingéniosité dans la mauvaise gouvernance.

Afin de continuer leurs basses besognes, ils œuvrent à maintenir le peuple dans un système malsain érigé en principe politique. Il est nécessaire de se pencher sur quelques points de ce système.

Tribalisme

La plus grande arme utilisée par les politiques qui se sont succédé au pouvoir est le tribalisme. Chacun, à sa façon, à utilisé son groupe ethnique pour asseoir sa légitimité et pérenniser son pouvoir en communiquant à faire croire qu’il est le seul et vrai recours à la sécurité de son groupe ethnique et le seul capable de l’intégrer dans le tissu social et économique.

Chacun a réussi finalement et malheureusement à opposer son clan, sa tribu aux autres groupes ethniques et à en faire un vivier pour la défense de sa cause. Ainsi, dans le prolongement de cet amer constat, chacun a foulé au pied la souveraineté populaire. Ainsi que les principes démocratique et à créé un contexte favorable aux pillages des ressources publiques.

Corruption

Selon l’ONG Transparency International, en 2016 la Côte d’Ivoire a occupé le 108ème rang mondial sur 176 pays dans le classement sur l’Indice de perception de la corruption. La corruption dans notre pays est pernicieuse et tous s’en accommode désormais.

Depuis le sommet de l’État jusque dans toutes les administrations, ce fléau est devenu tellement quotidien qu’il faut désormais, et encore malheureusement, compter avec lui si l’on veut obtenir des résultats positifs.

Des fameux syndicats dans le milieu du transport urbain à Abidjan (les gnamboros) jusqu’aux concours d’entrée à la fonction publique. En passant par les passations des marchés publics. Il faut être dans « le gombo », sinon les chances de réussite s’amenuisent terriblement.

Le plus extrême des actes de corruption est l’achat des voix des électeurs, en vue de se tailler une élection sur mesure. La corruption n’est pas combattue, mieux elle existe sous une passivité manifeste des dirigeants.Lesquels s’en servent pour ériger un système de mainmise sur les deniers publics.

La sous-information

En Afrique, particulièrement en Côte d’Ivoire, les populations sont maintenues loin des choses qui les concernent. Combien d’Ivoiriens savent le montant des ressources issues du pétrole exploité sur nos terres et quelle est leur destination ?

Quel est le contenu précis de telle ou telle loi ? Enfin, existe-t-il une démocratisation de l’information sur l’exécution du budget nationale ? Non. Autant de questions, et bien d’autres encore, qui enlèvent au peuple sa capacité à juger de la pertinence des décisions gouvernementales et même locales mais aussi et surtout du rapport projet de gouvernement et exécution dudit projet.

En vérité, ne pas informer le peuple de la gestion du pays et des collectivités décentralisées, permet aux pouvoirs publics d’utiliser nos ressources publiques comme une propriété privée.

La faim et les emplois précaires

Depuis la chute des prix des cours mondiaux du cacao dans les années 80 et la crise économique qui s’en est suivi, nos populations vivent dans des conditions difficiles. Les gouvernements qui ont suivi celui du premier Président de la République n’ont pas pu apporter, à ce jour, une solution durable à la paupérisation galopante.

A regarder de bien près, le problème n’est pas qu’il n’existe pas des solutions pérennes. Non, loin sans faut. Il en existe pour un pays qui produit plus de 1 700 000 tonnes de cacao, plus de 120 000 tonnes de café, plus de 317 000 tonnes d’hévéa, plus de 700 000 tonnes d’anacarde…

Le problème est plutôt que pour des raisons autres que les intérêts de leurs peuples, nos gouvernants refusent l’industrialisation de notre pays. Is refusent d’accorder la compétitivité aux entreprises détenues par des nationaux et de booster la consommation nationale.

« Ils préfèrent de loin créer des emplois précaires, dans les travaux à haute intensité de main d’œuvre, afin de s’assurer que les jeunes seront toujours dans le besoin »

En vérité, nos gouvernants semblent avoir opté pour le système de l’assistanat, parce qu’il est le seul qui leur garantit la maîtrise des populations. Ils préfèrent de loin créer des emplois précaires, dans les travaux à haute intensité de main d’œuvre, afin de s’assurer que les jeunes seront toujours dans le besoin.

Pour ces politiques en manque de projet de société viable et populaire, la meilleure des façons d’avoir toujours ces populations à leur solde, c’est d’avoir, pour seule politique sociale, l’assistanat. Maintenir les populations dans la faim et la mendicité constante, c’est se garantir un vivier électoral docile.

Les chefs et rois traditionnels

Le clou des maux sus cités, ce sont les chefs traditionnels. Quand on maintient un peuple dans les travers qui finissent par le faire fâcher, la solution qui reste, c’est cette force patriarcale, qu’on appelle à la rescousse.

Vous remarquerez que pour la réconciliation nationale, au lieu de mettre en œuvre une politique participative et inclusive, nos autorités ont préférés s’attirer la sympathie des chefs des différentes contrées de notre pays.

Quand on finit d’acheter la conscience du chef et qu’il est disposé à parler à son peuple, pour nos gouvernants le tour est joué. Plus besoin d’aller dans le sens de ce qui est objectif d’autant plus que les chefs, par des mécanismes d’influence traditionnelle, dont ils ont le secret, réussissent à imposer bien malheureusement et souvent, leur volonté à leurs peuples.

Ainsi tous les politiques bien de chez nous courent tous à l’achat des chefs et roistraditionnels. Seulement, ils participent pour bon nombre d’entre eux à créer les conditions d’une déflagration bien souvent insoupçonnée.

Les peuples doivent comprendre et se ressaisir

Les Ivoiriens aiment bien s’amuser à se faire peur. Travailler à faire élire ou à élire des personnes qui, finissent par vous faire beaucoup de mal, s’est être masochiste et avoir un esprit suicidaire. En effet, il convient de comprendre en ses quelques points notre complicité suicidaire de la mauvaise gouvernance sus citée.

Certains Ivoiriens se laissent entraîner dans des crises tribales suscitées par les politiques. La Côte d’Ivoire est l’un des pays ayant réussi le plus le brassage ethnique. Ainsi, quand il y a la guerre, tous les Ivoiriens finissent par perdre grandement.

Travailler à une nation forte devrait être le credo des Ivoiriens. Pour espérer une dynamique d’ensemble autour de leurs intérêts propres. Sur la recherche de la bonne information, qu’est ce que cela coute à l’Ivoirien d’aller assister aux rencontres des conseils municipaux et régionaux.

Que nous coûte-il d’exiger dans le carde d’une conscience nationale forte ? La démocratisation de l’information sur la gouvernance locale et nationale ? Rien sauf notre incapacité à élever notre conscience au niveau de nos intérêts propres.

Il est temps que nos peuples se réveillent. L’argent du contribuable, c’est l’argent de tous. Des individus, fussent-ils à des hauts postes de responsabilité, ne peuvent décider de ce qu’ils vous donnent. Et comment ils vous le donnent.

Être mendiant est davantage une volonté propre. Parce que tant que nous continuerons à courir derrière ces politiques véreux, nous continuerons d’avoir de plus en plus faim. La norme c’est que nous les avons portés là où ils sont pour améliorer notre quotidien. Et non le contraire.

A lire du même auteur : « Ouattara-Macron à l’Elysée: Quand l’esclave refuse de se libérer du maître »

Nos autorités coutumières peuvent être un atout pour nos sociétés. Seulement bon nombre d’entre elles représentent un obstacle au bien-être des populations. Nous gagnerons à ne pas les suivre dans leur déraison. Car au finish, l’argent qu’ils reçoivent dans le dos de leurs populations, ne contribue qu’à leur bien-être et celui de leurs enfants.

Réveillons nous de notre cécité et réagissons. Parce qu’à vrai dire si nous faisons une rupture avec nos comportements passés, nous aurons au moins essayé autre chose. Qui certainement créera un avenir meilleur pour nous et nos enfants.
Peuples de Côte d’Ivoire réveillons nous… il est temps !

Innocent Gnelbin
Président 2IDé

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