"Quand un homme en armes manifeste, il se fait entendre avec son arme" (Mutin)

Le groupe Carrefour déménage à Bassam, alors qu’il s’apprêtait à s’installer à Bouaké. De fait, les mutins tuent ainsi deux fois Bouaké, une ville où le taux de chômage est l’un des plus élevés de Côte d’Ivoire, depuis que l’ex-rébellion y a installé sa capitale. Le maire Nicolas Djibo digère difficilement…

« Nous avons beaucoup perdu à Bouaké, à commencer par le groupe Carrefour. Ce supermarché ne vient plus à Bouaké. Carrefour va à Grand-Bassam à la place de Bouaké pour réaliser des projets prévus sur Bouaké.

Dieu merci, la Banque mondiale a maintenu tous  ses projets à Bouaké. Nous avons gagné au moins quelque chose. C’est sûr que d’autres investisseurs qui ont prévu de venir à Bouaké, vont attendre encore. C’est au mieux six mois qu’on a perdus. Sinon peut-être le projet entier.

« Nous avons beaucoup perdu à Bouaké, à commencer par le groupe Carrefour. Ce supermarché ne vient plus à Bouaké »

C’est vrai que perdre des investissements pour une ville comme Bouaké, c’est très très grave.  Parce qu’il ne faut pas laisser le taux de  chômage grimper à Bouaké. Il est donc évident que tout projet qui crée, ne serait-ce qu’un seul emploi, cela  est très important pour nous.

Chaque fois que je rencontre un investisseur qui me dit qu’il veut investir dans notre ville, je lui dis tout de suite, venez vite on a besoin de vous. Ça va créer un emploi, je dis Amen. Mais je le  répète, si nous avons beaucoup perdu sur le plan économique, ce n’est rien par rapport à la vie des hommes.

Et à cette symbolique forte, je vois que les populations entre-tuent. Des militaires dont la mission principale est de protéger les populations et la Nation, ce sont ces mêmes militaires qui retournent leurs fusils contre leurs parents.  On ne comprend plus rien et les questions  de développement passent bien après (…) »

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« Comment pourrais-je être fier d’être maire d’une ville indéfinissable comme celle de Bouaké ? C’est difficile. C’est difficile parce que nous aurions eu une chance immense d’amener les populations à se réconcilier. Parce que pour moi, les militaires sont nos enfants. Donc, c’est une réconciliation interne qu’il faut entreprendre à Bouaké. Et c’est quand toute la population sera réconciliée que je pourrais être fier.

Plusieurs fois je me suis interrogé s’il fallait abandonner ou continuer. Plusieurs fois. Surtout le jour où les mutins ont tiré sur les populations.  Je ne comprenais plus le sens de ma mission et je me posais la question : qu’est-ce que je fais encore ? »

Source: Nouveau Réveil

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