Inondations: Beaucoup de structures, peu d’actions concrètes. Tel est ce qu’on peut retenir de l’éditorial d’André Silver Konan à Matin Bonheur (RTI) du vendredi 16 juin 2017. Lecture.

Huit morts après les pluies diluviennes de fin mai, de nombreux dégâts matériels, en ce mois de juin, des habitations détruites, des appareils électroménagers emportés, des commerces saccagés, des routes totalement coupées, San Pedro coupé du reste de la Côte d’Ivoire, des hommes, des femmes et des enfants, qui ne savent pas où dormir, par ce temps pluvieux.

Inondations en Côte d’Ivoire

Certes, les inondations, il y en a partout dans le monde, y compris dans les pays dits développés. Mai 2017, dans le Midwest, c’est aux Etats-Unis : 20 personnes mortes et de nombreuses autres, balayées dans leurs véhicules à mesure que les fleuves sortaient de leur lit. 330 routes dans le Missouri et plus de 100 autoroutes dans l’Arkansas, fermées.

Toujours en mai 2017, cette fois au Sri Lanka : 91 morts, bilan officiel, 13 disparus, à l’issue de fortes inondations et glissements de terrain.

Notons que ces inondations mortelles dans ces pays sont souvent dues à des catastrophes naturelles. Il est évident qu’il est difficile de se battre contre la nature, quand bien même des modus operandi éprouvés limitent les dégâts dans les pays dits développés.

« A qui la faute ? Le citoyen ordinaire qui a construit l’immeuble ou le fonctionnaire qui a accordé les autorisations administratives ? »

En Côte d’Ivoire, nous avons une stratégie nationale de gestion des risques et catastrophes. Nous avons notre plan Orsec, entendez Organisation des secours. Nous avons un Comité interministériel de gestion des crises. Nous avons même un numéro vert. Pour dire que la réponse structurelle est bien en place.

Quid de la réponse pratique ? D’autant que, fort heureusement d’ailleurs, nos inondations ne sont pas forcément liées à des catastrophes naturelles. Les pertes en vies humaines proviennent de zones dites à risques.

En 2014, pas moins de 160 zones à risques ont été identifiées, rien qu’à Abidjan. Elles ont été considérablement réduites depuis lors. Mais certaines zones non cartographiées, comme le quartier dit huppé de la Riviera Palmeraie avec sa célèbre rue Ministre, qui n’a de ministre que de nom, subissent des inondations chaque année.

Du fait de constructions non réglementaires et des défauts de canalisation. L’on peut et l’on doit empêcher que les canalisations soient obstruées, comme à Koumassi, où on annonce d’ailleurs des travaux d’assainissement depuis plusieurs mois déjà, sans qu’on ne voit aucun bulldozer pointer.

A qui la faute ?

A Yopougon, un immeuble construit au bord d’un ravin s’est purement et simplement renversé dans le ravin. A qui la faute ? Le citoyen ordinaire qui a construit l’immeuble ou le fonctionnaire qui a accordé au citoyen ordinaire les autorisations administratives ?

Le 7 juin 2017, le conseil des ministres a décidé que désormais, ceux qui construiront sur des domaines réservés seront sanctionnés, mais surtout. C’est écrit noir sur blanc.

A voir, sur le même sujet:

« le Conseil, sur instruction du Président de la République, a décidé de saisir la justice afin que soient engagées des poursuites judiciaires à l’encontre des responsables (de l’administration) qui, usant des prérogatives de leur fonction, posent des actes illégaux au détriment de l’Etat et de l’intérêt public ».

Le texte qui s’applique à des cas spécifiques survenus à Bouaké, doit logiquement faire jurisprudence. On attend donc tous son application. Qui vivra verra !

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