Sa Majesté Nga Tanoh, reine des Baoulé

La reine des Baoulé en colère. Dans une déclaration lue par des représentants à Yamoussoukro, Sa Majesté Nanan Nga Tanoh s’écrie: « De grâce, laissez Bouaké en paix ! ».

Chers frères et sœurs, chers filles et fils, la symbolique de la grande rencontre de ce jour dédiée à la paix en Côte d’Ivoire, est apparue aux chefs traditionnels du Grand Centre conduits, par Sa Majesté Nanan Nga Tanoh Monique, reine des Baoulés, comme une opportunité pour nous adresser à chacune et à chacun d’entre vous.

Nous voulons pour cela adresser nos salutations chaleureuses ainsi que nos remerciements appuyés au Président de la République SEM Alassane Ouattara et à son aîné le Président Aimé Henri Konan Bédié, pour les efforts déployés pour la paix en Côte d’Ivoire.

« De grâce, laissez Bouaké en paix ! Bouaké veut la paix car nos populations sont un peuple de paix »

Les autorités traditionnelles du Grand Centre leur sont infiniment reconnaissantes pour la grande sagesse et la réciproque confiance qu’ils cultivent dans la conduite des affaires de l’Etat.

Nous félicitons l’ensemble de nos filles et fils, cadres et élus du Grand Centre, avec à leur tête le Premier ministre Jeannot Ahoussou-Kouadio, pour leur mobilisation autour de la paix. La justesse et la noblesse de cette initiative fédère aujourd’hui des énergies au-delà de notre grande région ; lui conférant ainsi un caractère éminemment politique et une envergure nationale.

A toutes les délégations venues de près ou de loin ici à Yamoussoukro pour ce grand rituel de la paix en Côte d’ivoire nous vous disons infiniment merci et implorons la bénédiction de Dieu sur vous. Chers frères et sœurs, chers filles et fils, la Côte d’ivoire notre beau pays a beaucoup souffert de la crise politique et de la violence.

La région du Grand Centre en a terriblement souffert et continue d’en souffrir. Les récentes crises militaires ont ravivé malheureusement ces moments de grande douleur et ont constitué pour nos braves et paisibles populations des moments de forte angoisse et de grande hantise.

Encore une fois, Bouaké a été au cœur de ses tristes événements et avec elles plusieurs capitales régionales du pays. Nous ne pouvions donc rester indifférents face à cette situation qui paralyse nos régions et qui risquent de les replonger dans le doute et l’incertitude la plus totale ; et avec elle la Côte d’Ivoire.

Et pourtant que d’efforts consentis par le Président Alassane Ouattara, le Président Bédié et les autorités et les populations pour effacer les stigmates de la guerre et de la violence. La reconstruction des infrastructures administratives, le redéploiement des administrations publiques ainsi que toutes les actions en faveur de la normalisation de la vie à Bouaké dans le Gbêkê, ont redonné espoir à tous.

La célébration de la journée dite la flamme de la paix au stade municipal de Bouaké, baptisé depuis stade de la Paix était censé marquer définitivement le retour de la paix et le silence des armes à Bouaké et partout en Côte d’Ivoire. D’où viennent donc ces crépitements à répétitions d’armes de guerre à Bouaké, dans le Gbêkê?

La reine des Baoulé en colère

Chers frères et sœurs, chers filles et fils, Bouaké veut être et demeurer la capitale de la paix et non de la violence ou de la guerre. De grâce, laissez Bouaké en paix ! Bouaké veut la paix car nos populations sont un peuple de paix.

Nous en appelons donc au sens du pardon et de la retenue de tous et de chacun. Sortons définitivement Bouaké et avec elle la Côte d’Ivoire de cette spirale de violence qui détruit la vie humaine et l’ouvrage réalisé de nos mains.

Nous invitons tous les leaders politiques, les Chefs traditionnels et les guides religieux à œuvrer ensemble pour une prise en main de notre société et de notre jeunesse qui doit bannir la haine et la violence, en recourant constamment au dialogue et à la tolérance.

C’est un travail de réarmement moral et de resocialisation aux vertus de la tolérance, de la fraternité et de la paix qu’il nous faut mener à présent et sans tarder. C’est ensemble que nous devons relever ces défis.

Arrêtons tous de démissionner individuellement de nos missions de père et de mère ; d’éducateur et de soutien de nos enfants. Élevons dans la conscience de notre jeunesse et de nos enfants les fondements de la paix, en détruisant définitivement les socles de la violence que leur impose, la rue et les contre-modèles fabriqués par une société du gain facile et des échelles courtes.

La violence ne conduit à rien sinon qu’à la violence, à la mort et à la destruction. Nous adressant plus particulièrement à la classe politique, nous l’invitons à la retenue. La Côte d’Ivoire est une terre de paix et de tolérance. Il ne peut en être autrement.

Que le jeu démocratique ne soit pas un prétexte à l’affrontement perpétuel et systématique. Ce dont ont besoin nos populations, c’est un mieux-être. Pour cela, nous avons besoin de la contribution positive de chacun des fils et filles de notre beau pays.

Arrêtons cette course effrénée et prématurée pour le pouvoir qui peut conduire à tout et nous faire perdre tout, à commencer par la paix. Le Président de la République que les Ivoiriens ont voté massivement en octobre 2015 est à la tâche ; et son mandat ne prend fin qu’en 2020. Pour l’heure, son poste n’est pas en jeu.

Notre Constitution indique l’échéance pour les joutes électorales à venir. D’ici là, nous devons travailler au développement de notre pays. La politique politicienne, si elle nourrit ses auteurs, ne nourrit pas le peuple. Seule la réalisation des promesses électorales en faveur desquelles le peuple s’est prononcé fera son bonheur.

En attendant donc 2020, nous Chefs Traditionnels, nous vous invitons au rassemblement autour du Président de la République Alassane Ouattara afin de l’aider, en dignes filles et fils de notre pays, dans l’union et la fraternité, à relever les grands défis du développement.

A la suite de l’appel du Président de la République pour une trêve sociale, nous appelons de tous nos vœux à une trêve politique pour consolider davantage la paix et la cohésion sociale. Nous, Autorités traditionnelles du Grand Centre ne pouvons que féliciter et encourager le Président de la République SEM Alassane Ouattara, qui en dépit de l’adversité ne ménage aucun effort pour conduire inlassablement notre pays à l’émergence.

Il a notre soutien et notre bénédiction de tous les instants. Nous remercions également le Président Henri Konan Bédié pour son engagement ferme et résolu aux côtés de son jeune frère et pour la collaboration fraternelle et sage qu’ils entretiennent pour le bonheur du peuple ivoirien. Ensemble, ils font notre fierté.

Nos encouragements vont à l’endroit du gouvernement et du Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly que nous invitons à poursuivre leur effort pour traduire en réalisations concrètes sur le terrain la grande ambition du Président de la République d’apporter le bien-être aux populations ivoiriennes.

A lire, sur le même dossier:

« J’ai peur pour Bouaké » (Konin Aka, préfet du Gbêkê)

Nous rappelons que les engagements pris par nous ici à Yamoussoukro en Novembre 2010 nous y obligent.

Chers frères et sœurs, à vous tous qui êtes venus sur cette terre de paix qu’est YAMOUSSOUKRO, nous voulons dire avec gravité ceci « la Côte d’Ivoire est un pays de paix et de fraternité ». Tel est le fondement sur lequel l’ont bâtis les Pères de notre Nation conduits par le plus illustres d’entre eux le Président Félix Houphouët-Boigny. Celui qui voudra détourner ce pays de cette trajectoire rencontrera malheur en route ; car le peuple ivoirien lui dira toujours Non.

Les péripéties d’hier doivent nous servir de leçons pour renforcer la paix à l’intérieur de notre pays ; la paix avec les pays voisins. Que la Paix soit avec vous et dans vos foyers respectifs pour une paix durable dans une Côte d’Ivoire prospère et fraternelle.

Pour la Reine des Baoulé
Yamoussoukro, le 10 juin 2017

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