« Quelquefois, j’ai peur pour Bouaké ». Venant d’un préfet de région (Gbêkê), il y a de quoi sonner l’alerte. Extraits d’une interview accordée par Konin Aka, au journal Le Nouveau Réveil.

Quelquefois, j’ai peur pour Bouaké. Je viens de vous dire que quand je suis arrivé ici à Bouaké en 2007, la situation était difficile. Elle était plus difficile. Mais depuis un moment, Bouaké a commencé à renaître de ses cendres. Et la mairie a trouvé une formule qui est « Bouakéssouba ». Ce qui veut dire Bouaké revient ou renaît.

Mais s’il y a des événements comme ce qui s’est passé, oui, quelquefois, j’ai peur pour Bouaké. Nous sortons d’une crise grave. L’Etat n’a pas toujours les moyens qu’il faut pour la reconstruction. On doit faire appel à l’extérieur quelquefois.

« Carrefour avait signé des accords avec la mairie pour installer des infrastructures très importantes à Bouaké, le projet est reporté compte tenu de tout ce que nous avons vécu »

Mais si l’extérieur ne vient pas parce qu’il y a des coups de fusil par-ci par-là, vous vous rendez compte de ce qui va se passer. Oui, des fois, j’ai peur pour Bouaké. Le groupe Carrefour qui est un groupe économique très important avait signé des accords avec la mairie pour installer des infrastructures très importantes à Bouaké.

Cependant le projet est reporté compte tenu de tout ce que nous avons vécu. Quand on voit tout cela, il y a bien des raisons d’avoir peur pour Bouaké. En 2007, quand je suis arrivé à Bouaké, j’ai demandé qu’on mette en place un plan Marshall. Parce que Bouaké a trop perdu.

J’ai peur pour Bouaké

Evidemment, l’Etat a fait ce qu’il pouvait. Toutefois, cela doit se poursuivre dans la sérénité et dans la paix. Avant la crise de 2002, après Abidjan, c’était Bouaké, du point de vue du tissu industriel. Aujourd’hui, toutes ces unités battent de l’aile pour ne pas dire qu’elles sont arrêtées.

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On doit s’asseoir pour faire le bilan de ce qui existe et voir ce qu’il faut faire pour repartir. Comment reconquérir ce que nous avons perdu et qu’on n’aurait jamais dû perdre. C’est cela le problème. L’Etat a beaucoup fait. Est-ce que ça suffit ? Pendant la crise de 2002, le Chu de Bouaké était fermé.

Aujourd’hui, il faut beaucoup de choses, beaucoup d’investissements pour que le Chu puisse jouer son rôle. Tout cela doit être fait dans la cohésion et dans la paix. S’agissant des universités, après Abidjan, Bouaké vient en seconde position. Grâce aux efforts du président de la République, beaucoup d’investissements ont été réalisés.

Il reste cependant beaucoup à faire. Et pendant que le gouvernement se bat, il ne faut pas qu’il y ait des bruits de botte à tout moment. Je ne souhaite pas cela.

Source: Nouveau Réveil

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