La Côte d'Ivoire, pour la 3è fois, admise comme membre non permanent du Conseil de sécurité

La Côte d’Ivoire membre non permanent de l’Onu, et après ? Que les choses soient claires ! Je félicite le gouvernement pour l’élection de la Côte d’Ivoire, comme membre non permanent du Conseil de sécurité. Et ça s’arrête là.

Pour le reste, cette euphorie autour d’un événement pas aussi exceptionnel que cela, me laisse indifférente. Etre membre non permanent du Conseil de sécurité n’est pas une panacée politique, c’est juste un rayonnement diplomatique temporaire.

Côte d’Ivoire membre non permanent de l’Onu

De fait, que gagne un membre non permanent de l’Onu ? Rien de plus que gagnent les autres Nations membres de l’Onu, à la différence que les pays qu’il représente sont obligés de tenir compte de ses intérêts, en ce sens que c’est lui qui porte leur vote.

Dans le cas de la Côte d’Ivoire, elle a été élue, avec le Koweït et la Guinée équatoriale, pour le compte du du Groupe dit des États d’Afrique et d’Asie-Pacifique. Ils succèdent à l’Égypte, au Japon et au Sénégal.

En clair, la Côte d’Ivoire ne votera pas des résolutions en son nom propre, mais au nom de ses mandants. En définitive, ce sont les cinq membres permanents (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) qui restent les patrons de l’Onu. Ils ont le droit de veto, pas les membres non permanents, élus pour deux ans, non renouvelable immédiatement.

La troisième fois en 57 ans

C’est bien la troisième fois que la Côte d’Ivoire va siéger au conseil de sécurité, en tant que membre non permanent. Ce qui n’est pas le cas de la Guinée équatoriale, qui peut considérer cette élection comme historique, puisque c’est sa première fois.

Ce n’est donc pas un exploit, comme certains veulent le présenter. L’exploit, c’était quand la Côte d’Ivoire a été élue pour la première fois, en 1964, membre non permanent. Pour deux raisons, c’était vraiment un exploit.

D’abord parce qu’aucun pays africain francophone n’avait été élu à ce titre. L’Egypte (1948) et la Tunisie (1959), premiers pays africains à être élus membres non permanents du Conseil de sécurité, y sont entrés non pas en tant que pays africains, mais comme membres du siège moyen-oriental.

Le Ghana a été le premier pays d’Afrique subsaharienne, à occuper un poste non permanent, en 1962. Il a été admis pour le compte du Commonwealth. Nous sommes en 1964, quand la Côte d’Ivoire est élue, à la surprise générale, membre non permanent. Cela était un vrai exploit.

Tout simplement parce que la Côte d’Ivoire y est entrée, pour le compte du Commonwealth (deuxième raison) dont elle n’était pourtant pas membre. Par la suite, la Côte d’Ivoire a été élue, en 1990.

En Afrique, le record de participation est détenu par le Nigéria et l’Egypte qui ont siégé dix fois. Le Ghana, le Gabon et la Zambie ont siégé six fois. Le Mozambique et le Swaziland n’ont jamais siégé.

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Pour finir, il faut savoir que la Suisse (qui pourrait être intéressée en 2023) n’a jamais été intéressée par un siège de membre non permanent. Cela ne l’empêche pas d’être l’une des premières puissances financières du monde.

Quant à nous, tant qu’on n’arrivera pas à transformer radicalement la structure de nos économies, à travers la transformation et la consommation de nos matières premières. Et tant qu’on n’instaurera pas assez de transparence dans notre gestion (pour qu’un petit mutin en lunettes de plongée tire en l’air et bloque le pays pendant des jours), on nous donnerait même un siège de membre permanent, le petit peuple ne verrait pas à quoi cela lui servirait.

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