Les démobilisés ont été gazés du corridor sud de Bouaké

Les démobilisés chassés du corridor sud de Bouaké par la BAE. Depuis 4 heures du matin, un détachement de la Briage anti-émeute, appuyé de policiers de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) ont lancé l’offensive sur le corridor pour le libérer du siège auquel le soumettait des démobilisés, depuis hier après-midi.

« Depuis 4 heures, on n’a plus dormi. On entend des tirs et la fumée suffocante du gaz lacrymogène nous étouffe. On a été obligé de sortir du quartier. Mais là, on retourne à la maison parce que le corridor vient d’être libéré », a confié un habitant dont le domicile est situé non loin du corridor.

Corridor sud de Bouaké

Le corridor sud de Bouaké est devenu l’épicentre des contestations des ex-rebelles. Il y a dix jours, des éléments du Contingent 8400 avaient assiégé ce corridor et avaient obtenu le versement de la deuxième tranche d’une curieuse prime Ecomog, estimée à 12 millions FCFA, après un bras de fer avec le Président Alassane Ouattara.

Les démobilisés, pour leur part, réclament 18 millions FCFA, équivalent d’après eux, des 12 millions FCFA promis à leurs anciens frères d’armes reversés dans l’armée et 6 millions d’autres curieux arriérés de primes.

« Nous demandons 18 millions de primes. Comment comprendre que certaines personnes n’ont perçu que 800.000, tandis que d’autreS  bénéficient de 12 millions ? »

« Nous demandons le paiement de 18 millions de francs CFA de primes. Comment comprendre que certaines personnes (les démobilisés) n’ont perçu que 800.000 FCFA, tandis que d’autres (les mutins) en plus d’avoir été recrutés dans l’armée, bénéficient de 12 millions ? », avait réclamé Amadou Ouattara, le porte-parole des démobilisés, au chef d’Etat-major, le Gl Touré Sékou.

Les démobilisés de Bouaké qui avaient coordonné leurs actions avec ceux de Korhogo et d’Abidjan, avaient assiégé le corridor après l’inhumation de Youssouf Diawara, un démobilisé tué par les mutins, lors de la mutinerie. Celui-ci avait reçu plusieurs balles à bout portant, alors qu’il se trouvait dans le « grin » des ex-combattants de la Cellule 39.

A lire, sur le même dossier:

http://www.andresilverkonan.com/2017/05/18/a-bouake-ex-rebelles-reclament-18-millions-chef-detat-major/

Atteint au thorax et au bras, il avait été évacué aux urgences chirurgicales du Centre hospitalier universitaire (Chu) de Bouaké, où il avait subi des opérations. Il a succombé de ses blessures, deux jours après avoir reçu les décharges mortelles.

Les mutins reprochaient aux ex-combattants démobilisés de revendiquer des primes similaires aux leurs, et ainsi de gêner leur propres revendications. Les mutins sont généralement des jeunes de moins de 35 ans, tandis que les ex-combattants démobilisés sont plus âgés. Le critère d’âge avait, de fait, joué contre eux, au moment de l’intégration des 8400, dans les FRCI.

C. A depuis Bouaké

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