Guillaume Soro, président de l'Assemblée nationale

« Affaire cache d’armes: Soro doit s’inquiéter « juridiquement et politiquement »‘, répond Le Nouveau Réveil, dans un article paru, le samedi dernier et que nous reproduisons pour vous.

Il faut dire que dès l’éclatement de cette affaire, le camp Soro n’a pas tardé à faire connaître sa position. C’est l’honorable Abel Djohoré, député de Ouragahio qui, en premier, sonne la charge, officiellement, en brandissant l’argument du complot.

Dans un communiqué publié dans la presse, il soutient mordicus que les cargaisons d’armes ont été transportées et entreposées à la résidence de Soul To Soul pour accabler le président du perchoir.

Vu l’argument contre-balancé vigoureusement par les internautes qui lui rappellent que lors de cette mutinerie, il n’y a pas que la résidence de Soul To Soul qui a été visitée par les pilleurs et mutins à Bouaké.

« D’où viennent ces armes ? Comment se sont-elles retrouvées chez lui ? Qui les y a acheminées ? Quand ? Par quels moyens ? Pourquoi ne les a-t-il pas signalées aux autorités ? »

Ces derniers ont également mis à sac les résidences de Mgr Ahouana, du ministre Jean-Claude Kouassi, du directeur d’une banque de la place, etc… Pourquoi est-ce donc chez Soul To Soul qu’on a découvert des armes ?

A supposer même que Soul To Soul choisisse et maintienne cet angle de défense devant les enquêteurs lors de son interrogatoire. Il aura à faire la preuve que ces armes ont été transportées et entreposées chez lui et surtout indiquer qui a fait cela et quand. Car il est présumé être le propriétaire des armes qui ont été retrouvées chez lui jusqu’à rapporter la preuve contraire.

Soro doit s’inquiéter ?

Cette présomption n’étant pas irréfragable, elle peut en effet être détruite par la preuve contraire. Mais l’exercice ne sera pas aisée pour Soul To Soul vu la quantité d’armes.
Guillaume Soro a-t-il raison de s’inquiéter ? Juridiquement et politiquement, oui !

Et pour cause, dans l’enquête en cours, Soul To Soul sera amené à répondre à des questions très difficiles. D’où viennent ces armes ? Comment se sont-elles retrouvées chez lui ? Qui les y a acheminées ? Quand ? Par quels moyens ? Pourquoi ne les a-t-il pas signalées aux autorités ?

Les enquêteurs seront surtout curieux de savoir si M. Soul To Soul, simple fonctionnaire, a les moyens d’acheter un tel arsenal de guerre. Sinon qui a acheté ces armes ? Qui en est le véritable propriétaire ? Et à quelle fin les destinait-il ? Autant dire que juridiquement, il sera difficile de rassasier la curiosité des enquêteurs et de se tirer d’affaire.

Mais si au plan juridique, la jonction n’est pas si évidente avec Soro dans la mesure où ce sont les réponses de Soul To Soul qui permettront de situer la responsabilité du PAN, sur le plan politique, il faut craindre que les carottes soient déjà cuites pour Soro.

Car Soul To Soul apparaît comme l’ombre de Soro, ils se connaissent depuis les années 88, ils ont tout vécu ensemble et se vouent une confiance sans limite et entretiennent une amitié infaillible. Dès lors, Soro peut-il être épargné lorsque son frère de sang est pris dans la nasse ?

A lire, la version sur la théorie du complot, développée par les proches de Guillaume Soro

Et surtout quand l’opinion s’est déjà bâtie une conviction selon laquelle l’achat des armes retrouvées chez Soul To Soul ne peut être supporté par un directeur de protocole, un simple fonctionnaire. Autre élément important, c’est à Bouaké fief de l’ex-rébellion que cette fameuse trouvaille a été faite.

Or depuis 2002, Bouaké a du mal à se défaire de son manteau de capitale de la rébellion à cause notamment des démobilisés et des mutins issus de l’ex-FAFN qui y font la pluie et le beau temps. Mais il ne faut pas vite aller en besogne. Les fins limiers de la République sont à la tâche.

(Source: Nouveau Réveil)

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