Le Pr Maurice Kakou guikahué

« Si on veut se développer sans prévenir les maladies du cœur, on risque d’avoir des catastrophes sanitaires ». C’est la conviction du Pr Maurice Kakou Guikahué.

La Journée mondiale de lutte contre l’hypertension artérielle a eu lieu dimanche 14 mai. En Côte d’Ivoire, la Société ivoirienne de cardiologie (Sicard) a décidé d’aller vers les populations.

15 cardiologues dont les Professeurs Maurice Kakou Guikahué (président du Groupe de travail de la cardiologie tropicale) et Euloge Kramoh (président de la Sicard) ont effectué le déplacement du supermarché Carrefour pour faire des dépistages en situation réelle d’activité, donner des conseils et soins gratuits aux populations.

« Plus vous vous développez, plus les maladies du cœur arrivent. Si on veut se développer sans prévenir les maladies du cœur, on risque d’avoir des catastrophes sanitaires »

« Tout le mois de mai et jusqu’au 15 juin, nous allons sillonner toute la Côte d’Ivoire (les villes de l’intérieur et les villages). On ira dans les mosquées, les églises, dans les supermarchés pour prendre les tensions artérielles des Ivoiriens. Nous entendons dépister plus de 250.000 personnes pour déterminer la nouvelle prévalence de la maladie », a fait savoir le Pr Kramoh.

Selon lui, « toute la gravité de la maladie réside dans le fait qu’on ne sent pas de signe. On ne sent pas qu’on a de l’hypertension. Tant qu’on n’a pas mesuré, on ne saura pas. Quand vous allez faire un AVC, c’est alors qu’on va savoir qu’il y a longtemps que vous avez de l’hypertension.

Catastrophes sanitaires

C’est pourquoi, on l’appelle le tueur silencieux. C’est asymptomatique le plus souvent. Cependant, il y a des signes qu’on néglige. Pour ceux qui ont plus de chance vont sentir des maux de tête, de la fatigue etc. »

Pour le Pr Maurice Kakou Guikahué : «Nous ne parlons pas d’hypertension seulement, mais des maladies cardiovasculaires. Il y a ce qu’on appelle les maladies non transmissibles qui sont liées au vieillissement de la population. Or nous tendons à vieillir. Notre espérance de vie augmente. Nous sommes aujourd’hui en transition épidémiologique.

Nous passons des maladies transmissibles infectieuses aux maladies non transmissibles chroniques, dont l’hypertension artérielle. En 2000, en Afrique subsaharienne, sur 600 millions, il y avait 30 millions de personnes qui avaient plus de 70 ans.

En l’an 2025, il y aura plus de 90 millions de personnes qui auront plus de 70 ans. Donc la population va vieillir. Le changement de mode de vie entraîne toutes ces choses dont l’hypertension artérielle. La malnutrition, c’est-à-dire, manger trop gras, trop salé, trop sucré, le manque d’exercice physique…nous avons changé de mode de vie avec l’industrialisation, le stress.

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Notre vie actuelle est une vie de stress…l’OMS le dit, en 2030, le nombre des malades cardiovasculaires va basculer des pays occidentaux aux pays en développement. Nous héritons de tous les nouveaux modes de vie, mais nous ne prenons pas de disposition…Vous ne pouvez pas devenir un pays émergent si vous ne maîtrisez pas les maladies cardiovasculaires.

Plus vous vous développez, plus les maladies du cœur arrivent. Si on veut se développer sans prévenir les maladies du cœur, on risque d’avoir des catastrophes sanitaires. Donc nous avons décidé qu’en allant vers l’émergence, nous allons aussi développer la cardiologie pour faire la prévention et avoir des personnes qui vieillissent sans être malades du cœur ».

Rédaction avec Sercom Sicard

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