« La solution militaire à la mutinerie ne me parait pas appropriée », pour mater la mutinerie du Contingent 8400. C’est ce que croit Sylvain N’Guessan, expert en stratégies politiques.

Au stade où on en est, il faut à tout prix rejeter les solutions radicales. Je n’ai pas lu le rapport ayant sanctionné les négociations entre les militaires et le pouvoir en janvier passé. Je lis ça et là que, selon les militaires, la gouvernement aurait accepté de payer leurs primes. Le gouvernement aurait versé 5 sur les 12 millions réclamés. Le gouvernement reste leur devoir encore 7 millions. Leur colère de ces derniers jours est liée à cette « dette ».

Solution militaire à la mutinerie ?

Cette version est probablement fondée quand on sait que, le 11 mai passé, l’on a vu des militaires présenter leurs excuses au gouvernement et au peuple ivoirien pour la mutinerie de janvier passé avant de renoncer aux 7 millions. Les militaires qui tirent depuis ce 11 mai disent ne pas se reconnaître dans ces propos; n’avoir mandaté personne.

Dans un tel contexte, il faudrait parer au plus urgent: contenir les militaires dans les casernes avant que la situation ne déborde. La solution militaire ne me parait pas appropriée. Dans un schéma de confrontation militaire, même une victoire éclair des militaires « loyaux » laisserait des traces au sein de l’armée, dans le milieu des investisseurs.

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Il faut continuer la négociation. Peut-être qu’ils accepteront moins que 7 millions par soldat. Après cela, amorcer un traitement du problèmes des militaires en 3 étapes. Avec toutes ces mutineries qu’il y a à Bouaké, c’est une évidence que le DDR montre ses limites.

Cela ne revient pas à dire que le processus DDR a échoué. Seulement qu’il faut apporter des éléments de réponses aux compartiments qui montrent leurs limites.

Réforme du secteur de la sécurité

La RSS a deux enjeux majeurs : avoir une armée responsable et efficace. On peut en arriver à la conclusion que des ex combattants réintégrés dans l’armée régulière n’ont pas encore réellement mesuré l’enjeu de leurs nouvelles responsabilités.

Certains pourraient avoir du mal à accepter les valeurs républicaines après avoir été nourris longtemps aux mamelles du jargon de la force. Il reviendrait à la hiérarchie militaire de relancer la RSS de sorte à discipliner notre armée.

On peut arriver à la conclusion que les désarmés, démobilisés ont été réintégrés dans l’armée ivoirienne ; qu’ils ont bénéficié du processus RSS sans pour autant accepter les valeurs républicaines. Que faire ?

« Certains pourraient avoir du mal à accepter les valeurs républicaines après avoir été nourris longtemps aux mamelles du jargon de la force »

Il faudrait les recenser et les orienter vers des activités civiles ; loin du métier des armes. Ce sera l’occasion de les reconvertir au CAFOP, à l’INFAS, l’INFS… de sorte à faire d’eux des fonctionnaires qui conservent leur salaire, leur ancienneté, tous les éléments liés à la gestion des carrières tout en les éloignant de l’armée.

Au meilleur des cas, les réintégrer dans es effectifs du génie civil. Il y aura de quoi les occuper de différentes manières…

Sylvain N’Guessan, Institut de Stratégies (IS)

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