« Aucun pouvoir n’a réussi à maintenir un journaliste en prison, en Côte d’Ivoire, depuis 2004 ». C’est ce que révèle André Silver Konan, le journaliste-écrivain et lanceur d’alerte.

Comme lui, de nombreux acteurs de la société civile dénoncent le nouveau projet de loi sur la presse adopté en commission à l’Assemblée nationale et qui, devrait, sauf sagesse inattendue des députés, être voté le 25 mai 2017, par l’Assemblée nationale ivoirienne.

La disposition qui soulève le courroux des défenseurs de la liberté de la pesse est celle qui stipule qu’« est puni d’un emprisonnement d’un à cinq ans (…) quiconque par voie de presse incite à la xénophobie, à la rébellion ou porte atteinte à l’intégrité du territoire national ».

Dès l’annonce de son adoption, en commission, les organisations professionnelles de journalistes se sont toutes insurgées contre ce texte. Ci-dessous, un extrait de l’interview accordée à Afrikipresse.

Journaliste en prison ?

« Cette loi passera parce que certains députés issus de partis politiques développent encore des réflexes obscurantistes. Ceux qui ont une vision évolutive de la démocratie sont en minorité à l’Assemblée nationale. Et donc cette loi passera avec peut-être même toutes les dispositions conflictuelles, confligènes et liberticides qu’elle contient.

Mais il faut que les choses soient claires pour tous. Y compris pour les députés, pour les gouvernants, pour les journalistes et l’opinion nationale. Depuis 2004, aucun pouvoir en Côte d’Ivoire n’a réussi à garder un journaliste en prison. Et donc, que cette loi passe ou non, aucun pouvoir ne réussira à mettre un journaliste en prison.

« Nous sommes au 21è siècle. Et à moins de s’appeler Biya, un chef d’Etat qui passe 340 jours, sur 365 en Suisse, aucun dirigeant africain, ne peut maintenir un journaliste en prison »

Nous sommes au 21è siècle. Et à moins de s’appeler Paul Biya (qui maintient en prison un correspondant de RFI, NDLR), un chef d’Etat qui passe 340 jours, sur 365 en Suisse, d’où il dirige le cameroun, aucun dirigeant africain, ne peut maintenir un journaliste en prison, dans l’exercice de sa profession.

Alors à quoi cela servira de maintenir les dispositions liberticides dans cette loi qui, de toute évidence, ne pourront pas s’appliquer aux journalistes ? A rien, sinon à ridiculiser les dirigeants.

C.A. avec Afrikipresse

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