Dans son éditorial n°011 à Matin Boneur (RTI), André Silver Konan pose une problématique sur: « Affrontements intercommunautaires et impunité ». Il dénonce et propose.

Lundi 13 mars, des affrontements entre des communautés à Azaguié ont causé la mort de deux personnes. En quatre ans, pas moins de six affrontements à caractère communautaire ont éclaté, dans les quatre coins de la Côte d’Ivoire.

Février 2013. Affrontements entre villageois de Yehiri et de Mbasso. Nous sommes dans le département de Divo. Au moins six blessés. Juillet 2013. Affrontements entre communautés à Angovia, dans le département de Bouaflé. Trois morts.

Février 2014. Affrontements entre communautés à Tiamétolo, dans le département de Kong. Plusieurs blessés. Mars 2015. Affrontements entre communautés à Diboké, département de Bloléquin. Plusieurs blessés. Mars 2016 . Affrontements entre communautés à Bouna. Bilan officiel : 33 morts.

Affrontements intercommunautaires et impunité

Bref, le mal semble profond, il faut donc une thérapie de fond. La solution de la carotte qui a consisté très souvent, à envoyer des émissaires, en vue de la réconciliation des comunautés, est certes à encourager, mais elle a montré ses limites, chaque fois que le bâton de la justice ne s’est pas abattu avec fermeté sur les coupables.

Passer par pertes et profits, des pertes en vies humaines ne permet pas aux responsables des violences de se remettre en cause. Ces responsables qui sont mûs par leur haine de l’autre ou leur colère non maitrisée.

Ce sentiment d’impunité doit prendre fin. Et la seule , l’une des solutions (et je peux me tromper) c’est d’opposer aux criminels, la rigueur de la loi. Personne sous aucun motif communautaire n’a le droit d’ôter la vie à son semblable. Les forces réagliennes de l’Etat doivent faire leur travail, sans attendre une quelconque instruction d’un ministre ou du Président.

Rappelons-nous Asec-Kotoko

Rappelons-nous, en 1993, après le fameux Asec-Kotoko, des violences avaient éclaté. Mais la main de l’Etat a été ferme contre ceux qui s’étaient rendus coupables de violences contre des communautés vivant en Côte d’Ivoire. Depuis lors, les fans de football réfléchissent par deux fois, avant d’initier des règlements de compte sportifs. La leçon du bâton de la justice a été assimilée.

Tenez, et pour finir, nous posons-nous la question de savoir, pourquoi les feux de brousse persistent dans nos villages ? Eh bien, parce qu’après un feu de brousse, dont l’auteur, dans les villages, est généralement connu, la police des forêts ne conduit pas d’enquêtes et les forces régaliennes ne procèdent pas aux arrestations, afin que la justice condamne le pyromane, pour l’exemple.

Et les feux de brousse, comme les violences communautaires continuent de se propager. Avec la même intensité. Finalement, à qui la faute ?

A lire aussi:

http://www.andresilverkonan.com/2017/03/11/ournee-internationale-des-droits-des-femmes-en-cote-divoire-et-apres/

1 COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here