Dans son édito n°010 à Matin Bonheur (RTI), André Silver Konan s’interroge: « Une journée internationale des droits des femmes en Côte d’Ivoire, et après ? ». A lire.

Chaque 8 mars, depuis plusieurs années, la Côte d’Ivoire, à l’instar des autres pays, célèbre la Journée internationale des droits des femmes. Pour comprendre le bien-fondé de cette Journée, il faut connaître son histoire. Nous sommes en 1910. En vue des revendications de leurs droits, Clara Zetkin, une communiste allemande, militante féministe, propose une journée internationale dédiée aux femmes.

Sept ans plus tard, précisément le 8 mars, à Saint Petersbourg en Russie, des ouvrières et ménagères défilent dans les rues. Et réclament fermement du pain, la paix et surtout la République ! C’est le début de la fin du règne des tsars.

Une journée internationale des droits des femmes, et après ?

Enfin, en 1977, il y a donc 40 ans, les Nations-Unies reconnaissent officiellement cette journée. L’idée est d’organiser, à travers le monde, des manifestations, dans le but de faire le bilan des acquis socioprofessionnelles et politiques des femmes.

Certes en Côte d’Ivoire, il y a des avancées majeures. Par exemple, le code de la famille place depuis 2012, l’homme et la femme, sur un pied d’égalité. De même, depuis l’adoption de la nouvelle Constitution, la femme autant que l’homme, peut posséder des terres, dans son village.

« Bref, la journée internationale des droits des femmes ne devrait pas être réduite à des réjouissances et du spectacle »

Désormais, des femmes entrent à la gendarmerie, à l’EMPT de Bingerville. Mieux, une femme a gravi tous les échelons militaires pour se hisser au grade de Général. Historique ! Cependant, il ne faut pas s’y méprendre, nous sommes encore loin du compte. En effet, la question du genre est un long serpent de mer. Dans nos partis politiques, nos administrations et institutions publiques, la représentativité des femmes, se pose avec acuité.

Droit de cuissage

L’on parle encore d’excision, ce rituel abominable, qui résiste dans certaines contrées reculées. Les mariages précoces scellés, sous le fallacieux prétexte de la coutume. Dans nos villes, dans certaines entreprises, persistent des droits de cuissage, le harcèlement, des sujets devenus autant tabous qu’ordinaires.

Ordinaires comme ces thèmes que nous choisissons, pour célébrer cette journée qui se distingue particulièrement en Afrique et surtout en Côte d’Ivoire, par le port de tenues uniformes.

En 2016, le thème national était : « Autonomisation de la femme, défis et enjeux pour la prospérité de la famille, des enfants et des hommes ». Cette année, le thème était : « Autonomisation économique de la femme pour une Côte d’Ivoire plus juste et plus équitable ». Vous le constatez avec vous, le thème n’a pas beaucoup changé. Quid du bilan ? La réponse se trouve dans le vécu quotidien de chaque femme ivoirienne !

Réjouissances et spectacle

Chaque femme battue dans son foyer, qui préfère le silence de la douleur, à l’insécurité liée au statut de femme seule. Chaque femme qui doit subir des rituels obscurantistes de veuvage, dont le seul mérite est de l’humilier dans son corps et dans sa dignité.

Bref, la journée internationale des droits des femmes ne devrait pas être réduite à des réjouissances et du spectacle. Elle est d’abord et avant tout une journée de réflexion. Mieux, elle devrait être une journée d’actions en faveur des femmes. Et ce n’est pas encore le cas, en Côte d’Ivoire !

1 COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here