Sophie Koffi: une contribution qui porte à la réflexion

« Pourquoi pas un homme à la tête du Ministère de la Femme ? ». Cette libre opinion pose une problématique inattendue. A lire la réflexion de Sophie Koffi, à l’occaison de la journée internationale de la Femme.

Encore un 8 mars. Et Comme chaque année, comme tous les pays du monde moderne, nous célébrons la Journée Internationale de la Femme. Je ne suis pas journaliste. Je suis juste une femme de mon temps qui a choisi de m’exprimer pour m’interroger. Sur la question de la femme à l’occasion de cette nième journée de la femme.

Et si on commençait par les thèmes retenus pour la célébration de ces deux années ?
2016: Autonomisation de la femme, défis et enjeux pour la prospérité de la famille des enfants et des hommes.

Thèmes douteux

2017: Autonomisation économique de la femme pour une Côte d’Ivoire juste et équitable. En 2016, nous avions, semble-t-il, réfléchi sur les défis et les enjeux de l’autonomisation de la femme pour la prospérité de la famille des enfants et des hommes.

Je n’ai pas très bien compris le thème. Oui je dois le concéder la femme est mère et pilier de la famille. Devrait-on nécessairement lier les enfants, les hommes et la famille pour faire politiquement correcte ?  Ou au prétexte que le ministère de la Femme est aussi celui de la Famille ? Passons ! Là n’est pas le propos…

En 2017, nous nous réjouissions de proclamer que l’autonomisation économique de la femme pourrait indubitablement conduire à une Côte d’Ivoire plus juste et équitable. Cela aussi je le concède.

A voir aussi:

https://www.youtube.com/watch?v=4zcSO6WZh0c&index=1&list=PLknXTMcFybPI48Jnv0DTCoLzZ8JImFTo4

Je voudrais toutefois m’autoriser une réflexion sur les deux thèmes. Au fait entre l’autonomisation d’hier qui impulserait la prospérité de la famille, de l’homme et de l’enfant et l’autonomisation d’aujourd’hui dite économique, qu’y a–t-il de novateur ? Sûrement la formulation. Parce que dans le fonds, je me pers en conjecture. Bref, là encore, c’est n’est pas le propos.

Au-delà des solennités, des RE-formulations de thème, des discours, d’une année à l’autre, quelles stratégie déployons nous pour traduire nos thèmes en actions visibles ? En actions mesurables dans le temps ?

Refus du bilan par les femmes

Si tant est que nous avons un plan d’action induits par les thèmes, je me pose des questions. Où en sont les résultats tangibles à l’année N+ 1 ? Comment en assurons-nous le suivi ? Comment évaluons-nous nos progrès ?

Je souhaite qu’on me présente des projets initiés pour autonomiser ou autonomiser économiquement (c’est selon) x nombre de femmes. Qu’on m’en évalue les effets sur la prospérité de la famille, des hommes. J’aimerais savoir en quoi ils auraient contribué à créer une Côte d’Ivoire plus équitable, plus juste.

Mais bon, ce n’est que mon rêve… Parce que l’autonomisation ne se payera jamais de mots
Passé l’adrénaline sur les thèmes, je voudrais interroger mon intelligence sur des questions purement féminines ou féministes, vous choisirez la lecture qui vous sied.

Ce qui est juste

Je fais partie des personnes qui pensent que tous les HOMMES naissent égaux en droit. L’idée répandue qui consiste à dire qu’il faut faire des faveurs à un sexe, m’insupporte. Et je la combattrais autant que je pourrais.

Ce qui me parait juste et équitable, c’est le juste salaire pour le même poste pour tous. C’est le poste de responsabilité au mérite. C’est l’ouverture de tous les corps de métiers aux deux sexes. Sur ce dernier point, je voudrais saluer les autorités ivoiriennes qui ont ouvert les portes de la gendarmerie et de l’Ecole militaire préparatoire aux jeunes filles.

« Le vrai problème des femmes, est-ce vraiment l’homme ? Entre les jeunes filles à la recherche d’époux fortunés, les femmes qui se marchent dessus dans les partis politiques, la mentalité de femme mère (…) a encore de beaux jours »

Là où les femmes doivent comprendre qu’elles ne gagneront que pour ce pour elles auront durement combattus, ce sont les postes électifs. De fait, je me suis essayé à battre le pavé dans un parti politique. Mal m’en a pris. Je me suis retrouvée fatalement, que dis-je naturellement dans l’arène des femmes. Avec tout ce que cela suppose. Petites jalousies, luttes de positionnement, mesquineries, et j’en passe.

Le monde des femmes

C’est le monde des femmes, on ne les changera pas. Très vite j’ai commencé à m’ennuyer. (Je n’ai pas fait l’internat, les bandes de filles ce n’est pas mon truc). Alors je me suis interrogée. Pourquoi y a-t-il toujours des UF, des OF ou des F dans les partis politiques ? Des groupes spécialisés, appendice du Parti politique ?

On y puisera à coup sûr les futures femmes ministres et les quelques élues qu’on voudra bien. L’équation est pourtant simple, j’assume mon opinion. Tant que les hommes contrôleront les appareils politiques, ce sont eux qui décideront du nombre de femmes à proposer aux élections. Tant que les femmes seront un groupe à part dans les parties politiques, leur soif de poste électif sera réduit à la portion congrue.

Au fait, pourquoi en occident, pour ce que j’en sais du reste (je peux donc me tromper), les partis politiques sont constitués des adultes et des jeunes ? On parlera des jeunes socialistes, des jeunes du FN, des jeunes républicains, en France. Mais quid des femmes FN, socialistes ou Républicaines ?

Un homme à la tête du ministère de la Femme ?

De deux choses l’une. Soit les femmes n’ont pas la maturité politique pour faire parties des adultes du parti. Soit on a fait le choix délibéré de les maintenir dans un état d’appendice du parti et elles semblent s’en contenter.

J’ai tiré mes propres conclusions. Le vrai problème des femmes, est-ce vraiment l’homme ?
Entre les jeunes filles à la recherche d’époux fortunés, les femmes qui se marchent dessus dans les partis politiques et celles qui ont choisi d’assumer leur condition féminine, la mentalité de femme mère, épouse, fille, un appendice du genre humaine a encore de beaux jours.

Et pour finir, pourquoi n’a-t-on jamais essayé de mettre un homme à la tête d’un Ministère des femmes ? L’homme est fils, époux et père, cela ferait- il de lui un être qui n’a aucune connaissance des dossiers de la famille, des femmes ou des enfants ? Ce sont juste des élucubrations de mon cerveau qui j’avoue, me joue parfois des tours.

Sophie KOFFI,
Consultante en communication pour le développement

NDLR: Le titre et les surtitres sont de la rédaction.

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