Selon la Banque mondiale, les écoles ivoiriennes sont mal équipées

Les plaies de l’École ivoirienne sont nombreuses. Dans son rapport 2017, sur la Côte d’Ivoire, la Banque mondiale dresse un tableau peu reluisant. Nous vous proposons la première partie de ce rapport.

La Côte d’Ivoire a fait de l’amélioration de la performance de son système éducatif une des priorités de sa stratégie de développement. Malgré des efforts soutenus depuis 2012, le système présente encore des défaillances.

Le nombre d’élèves entrant dans le secondaire reste faible. La discrimination contre les filles reste persistante. Les salles de classes pas toujours bien équipées. Les enseignants parfois mal formés. Et le curriculum scolaire inadapté aux besoins du marché du travail.

« Les familles les plus démunies doivent composer avec des contraintes financières qui les obligent parfois à retirer leurs enfants des écoles »

Bien que cet indicateur reste imparfait, les étudiants ivoiriens restent en moyenne moins longtemps à l’école que dans de nombreux autres pays africains. A fortiori par rapport aux pays émergents.

Plaies de l’école ivoirienne

Une partie des carences actuelles va être rémédiée par l’apport de financement supplémentaire. Car, sans nul doute, il y aura besoin de plus d’enseignants, de salles de classes et de matériel pédagogique. Pour absorber et former tous les nouveaux étudiants qui feront leur entrée dans le système scolaire au cours des prochaines années.

La prime à la qualité sera aussi coûteuse car il faudra financer de nouveaux programmes de formation, adapter les matières d’enseignements et mettre en place des systèmes d’évaluations tant des enseignants que des élèves.

Si le Gouvernement s’est déjà engagé à augmenter les ressources budgétaires vers le secteur de l’éducation, les scénarios ci-dessus ont montré que ces efforts doivent être accompagnés par des réformes visant à accroître l’efficience des dépenses qui reste faible en Côte d’Ivoire aujourd’hui.

Pistes de réflexion

Avant de proposer quelques pistes de réflexion sur comment accroître l’efficience du système éducatif ivoirien, il convient de préciser que celle-ci est aussi en partie déterminée par le comportement des familles.

Ainsi, les familles les plus démunies doivent composer avec des contraintes financières qui les obligent parfois à retirer leurs enfants des écoles. Ce comportement s’accentue au fur et à mesure du cycle scolaire. Car non seulement les frais de scolarité ont tendance à augmenter, mais aussi le coût d’opportunité d’envoyer l’enfant à l’école s’accroît. Car celui-ci peut devenir actif dans une activité pécuniaire (par exemple travailler aux champs).

Il y a aussi des facteurs culturels, qui expliquent notamment la baisse du taux de fréquentation scolaire par les jeunes filles. Tous ces facteurs sont importants mais ne sont pas analysés dans ce rapport.

L’attention est ici portée sur les facteurs internes du système scolaire. Qui contribuent à expliquer la faible efficience du système éducatif ivoirien. Par exemple, le redoublement des élèves engendre des pertes d’efficience considérables.

Forts taux de redoublement

Si, en 2015, les taux de redoublement avaient été de 10 % plutôt que 17 %, 14,8 % et 16,7 % pour l’enseignement primaire, le premier et le second cycle de l’enseignement secondaire, L’État aurait pu économiser plus de 50 milliards de FCFA.

Toutes ces ressources auraient pu être utilisées vers des mesures visant à augmenter l’espérance de vie scolaire. Ci-dessous sont proposées trois pistes de réflexion, partiellement
inspirées par l’expérience internationale, y compris dans d’autres pays africains, qui cherchent à améliorer l’impact des dépenses sur la performance du système scolaire ivoirien.

Pour être efficaces, les réformes doivent s’attaquer aux principales catégories de dépenses de l’État, à savoir les salaires des enseignants, les subventions versées aux écoles privées, et les dépenses administratives ainsi qu’en équipements.

Pistes de solutions

Prises ensemble, ces trois catégories comptent pour plus de 95% des dépenses publiques dans le secteur de l’éducation. Ces trois pistes, même si elles ne sont pas exhaustives, vont aussi au cœur du fonctionnement du système éducatif en Côte d’Ivoire.

Il est en effet difficile d’imaginer un système efficient sans des enseignants motivés et performants, des écoles privées efficaces, et un équilibre entre les dépenses administratives et celles en équipements.

Si ces trois pistes sont importantes prises individuellement, elles sont complémentaires. L’amélioration du corps des enseignants passe par une adéquation du matériel scolaire. Ainsi que par un accompagnement administratif.

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De même, la performance des écoles privées reste tributaire de la qualité des enseignants et des mécanismes de suivi par l’État. Enfin, ces pistes doivent être interprétées comme des orientations pour lancer le débat plutôt que comme des recommandations.

D’une part, la réflexion n’est pas terminée. Et des analyses supplémentaires devront
encore être effectuées. D’autre part, il sera important que les réformes soient appropriées par l’ensemble des parties prenantes. Pour que la réflexion mène à la décision puis à l’action.
A lire dans notre prochaine édition, les « trois pistes » de solution de la Banque mondiale.

2 Commentaires

  1. Commenter :droit d’inscription au cm2 c’est 15000f a bacanda c’est pas normale et école gratuit est parti où il faut qu’il est de control sur les directeur de l’école .

  2. Il faut vraiment jeter un regard sur le système éducatif ivoirien car trop de légèreté. Une désorganisation bien organisée qui crée ce dysfonctionnement. Un enfant mal éduqué devient une menace pour la société. Nos enfants ont besoin d’une formation de qualité et pour se faire, l’état doit renforcer ses capacités tant au niveau d’une formation d’enseignant suffisant et tant au niveau de création d’école de proximité pour permettre aux ménages de suivre de prêt leur enfants.

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