Les Éléphants de Côte d'Ivoire sont sortis prématurément de la CAN

Que retenir de la défaite des Éléphants de Côte d’Ivoire, sortis de la CAN 2017, au premier tour, par une équipe marocaine coachée, ironie du sort, par celui qui les avaient conduits à la victoire finale, en 2015 ? Deux ou trois choses. Décryptage.

Passée l’émotion d’hier, consécutive à la défaite inattendue des Éléphants, à une phase finale de CAN (la dernière élimination au premier tour remonte à 15 ans, au Mali), il faut peut-être identifier les causes de cette sortie prématurée.

Certes, dans l’émotion, nous allons accuser l’entraîneur Michel Dussuyer (qui doit tirer toutes les conséquences de cette défaite, la première, si je ne m’abuse, depuis qu’il a remplacé Hervé Renard, à la tête de la sélection ivoirienne).

Nous allons accuser Sidy Diallo, le patron de la Fif, qui a recruté l’entraîneur défait. Nous allons même accuser les joueurs de n’avoir pas assez mouillé le maillot et de n’avoir pas assez eu de fibre patriotique.

Éléphants de Côte d’Ivoire, défaite inattendue

Tout cela peut être vrai ou faux. Mais à mon avis (et je peux me tromper), la cause principale de notre échec est la jeunesse et l’inexpérience du nouveau groupe amené par Serey Dié. Au sport, comme en politique, il n’existe pas de génération spontanée. Enfin presque. Mais avant de revenir sur ce développement, je vais vous amener à faire cette remarque avec moi.

Le Nigeria, tenant du titre en 2013, a été éliminé, en phase de qualification et n’a pas participé à la CAN 2015. La Zambie, tenante du titre en 2012 (rappelez-vous, les Chipolopolos ont battu les Éléphants de François Zahoui), n’a pas passé le premier tour, en 2013.

« Au Sénégal, en 1992, la victoire a été remportée par la génération des vétérans de la débâcle de Côte d’Ivoire 84. Cette génération n’était pas spontanée »

La raison est simple. Après avoir remporté la CAN, de nombreux joueurs prennent leur retraite de leur sélection nationale.

Au Sénégal, en 1992, la victoire a été remportée par la génération des Alain Gouaméné, Joël Tiéhi et autres Gadji Cély, des vétérans de la débâcle ivoirienne de Côte d’Ivoire 84. Cette génération n’était pas spontanée. Après Sénégal 92, il y a eu un renouvellement immédiat de l’équipe, avec l’arrivée des premiers Académiciens (Arouna Dindané, Arouna Koné, Zézéto…), rejoints par un certain Didier Drogba.

« Parce qu’au football comme en politique (je l’ai déjà dit), il n’existe presque pas de génération spontanée »

La génération des Académiciens et de Drogba, celle que la presse sportive a qualifié de « génération dorée », n’a pas gagné la CAN, tout de suite. Parce qu’au football comme en politique (je l’ai déjà dit), il n’existe presque pas de génération spontanée. Il a fallu à Yaya Touré, aux Gervinho et autres Copa Barry, plusieurs participations à la CAN et même au Mondial, pour remporter la CAN 2015. Vingt-trois ans plus tard.

Certes, avec cette nouvelle génération des Serey Dié, Serges Aurier et autres Eric Bailly, nous n’attendrons pas vingt-trois ans, pour remporter notre troisième CAN, mais nous devons leur accorder le bénéfice de l’inexpérience de la CAN (différence du championnat européen).

En définitive, ce n’est qu’une défaite, sans doute dans un environnement spirituel national pollué (juste une parenthèse). La bataille pour le troisième trophée continental ne fait que commencer. Allez les Éléphants !

http://www.andresilverkonan.com/2016/10/10/footing-andre-silver-konan-washington-potomac/

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