Dans son Edito n°003 Matin Bonheur, de la RTI, André Silver Konan évoque la grève des fonctionnaires. « Du moins, précise-t-il, le rapport du fonctionnaire, que dis-je, le rapport de l’Ivoirien, à la lecture. La lecture des textes qui régissent sa profession, son activité, sa vie ».

En fait, que réclamaient les fonctionnaires ? Six revendications principales, la première étant le retrait de l’ordonnance portant réforme des pensions gérées par la Caisse générale de retraite des agents de L’État (CGRAE).

Question : sur 200 000 fonctionnaires, dit-on, en Côte d’Ivoire, combien ont parcouru cette ordonnance « litigieuse » prise, je le précise, il y a près de cinq ans ? Combien de grévistes savent le contenu du décret d’application de cette même ordonnance, signée en avril 2012 ?

Je le dis, et je peux sans doute, me tromper, très peu. Voici là, l’un des drames de l’Afrique : la lecture des textes pris par nos dirigeants et censés améliorer nos conditions de vie et de travail.

« Combien de journalistes par exemple, ont lu, une seule fois, et entièrement les lois sur la presse et les médias, votée en 2004 ? Je l’affirme, sans risque de me tromper, parce que je sais de quoi je parle, très peu »

Depuis le début de l’année, ce sont les fonctionnaires qui se plaignent, pour un texte pris, il y a cinq ans, qu’ils n’ont sans doute pas lu, mais qu’ils dénoncent aujourd’hui, parce que les premiers effets commencent à se faire ressentir.

Demain, devrait-on s’attendre à un débrayage des travailleurs du privé qui n’ont sans doute pas pris la peine de bien lire l’ordonnance similaire, portant réforme du code de prévoyance sociale, prise presque la même date que l’ordonnance contestée par les fonctionnaires ?

Combien de candidats aux concours de la Fonction publique prennent le temps de lire les règlements intérieurs desdits concours ? Combien d’élèves, d’enseignants, de surveillants, savent qu’il y a une réglementation à l’examen du Baccalauréat et l’ont une fois lue ?

On parle beaucoup de grèves à l’université. Mais combien de problèmes aurait-on pu régler dans nos universités publiques, si chaque étudiant, chaque enseignant, chaque dirigeant de nos universités prenait le temps de lire les règlements intérieurs de ces institutions ?

Combien de journalistes par exemple, ont lu, une seule fois, et entièrement les lois sur la presse et les médias, votée en 2004 ? Je l’affirme, sans risque de me tromper, parce que je sais de quoi je parle, très peu.

Je vous le dis, en vérité, le jour où les Africains commenceront à lire, à bien lire et surtout à appliquer les bons textes qu’ils prennent librement, eh bien l’Afrique fera un bon prodigieux vers son développement.

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