Dans son édito n°002 Matin Bonheur (RTI), André Silver Konan s’insurge contre la forme choisie par les mutins, pour se faire entendre. « Imaginez que des médecins décident de mener une grève, en utilisant les « armes » dont ils disposent, à savoir les bistouris et sortent des hôpitaux, pour s’en prendre aux passants », dit-il.

Une précision pour commencer. Ce texte n’a pas pour vocation de juger de la pertinence des revendications des mutins. Ceci est donc une position de forme et non de fond. De ce fait, autant le dire tout de suite. La forme choisie par les mutins, pour se faire entendre, n’était pas bonne.

Mais avant d’aller plus loin, il est important qu’on sache ce qu’est une mutinerie. Selon le dictionnaire, c’est « une action collective de révolte au sein d’un groupe réglé par la discipline, les détenteurs de l’autorité étant généralement mis en cause avec vigueur »

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Edito n° 001 Matin Bonheur, La mort au bord des routes ivoiriennes

Deux aspects transparaissent donc dans une mutinerie. Un : la discipline imposée au groupe. Deux : la faute supposée ou réelle de la hiérarchie. C’est ainsi que dans une caserne, où la discipline est la règle, et le syndicalisme proscrit, quand la hiérarchie est soupçonnée d’agir contre l’intérêt des subalternes, ces derniers se révoltent.

Mais il ne faut pas s’y méprendre. Quand bien même la mutinerie est tolérée quand les revendications sont pertinentes, elle ne demeure pas moins illégale, extrême.

Quand des mutins sortent de leurs casernes, pour arracher des véhicules, bloquer l’accès à certaines villes ; leur action ne vise plus à attirer l’attention du chef suprême des armées, sur les agissements supposés ou réels de leur hiérarchie. Leur action vise à attirer l’attention du monde entier, donc de potentiels investisseurs.

Dans ce cas, on n’est plus dans la mutinerie, on est dans la politique. On est dans la tentative de fragilisation de la République.

Imaginez que des médecins décident de mener une grève, en utilisant les « armes » dont ils disposent, à savoir les bistouris et sortent des hôpitaux, pour s’en prendre aux passants. Imaginez que des transporteurs utilisent leurs véhicules pour provoquer des accidents.

Bref, il est vraiment temps que dans nos pays africains, chacun à son niveau, revienne à l’orthodoxie. En effet, les mutins pouvaient rester au sein de leurs casernes et arriver au même objectif, à savoir la prise en compte de leurs revendications. Cela s’est déjà passé en Côte d’Ivoire et c’est ce qui se passe partout dans le monde.

De même, il est aussi temps que l’autorité militaire arrête de frapper de mépris, ceux qu’on appelle les « sangs grades ». Chaque démembrement de l’État doit savoir tenir ses propres troupes.

Cela vaut autant pour l’officier général que pour le directeur général. Refuser de le faire s’apparente à de la mutinerie de haut niveau. Et la réponse à une mutinerie de haut niveau, eh bien, c’est le limogeage. Comprenne qui pourra !

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