Dans la tête d'Affi, le moment est sans doute arrivé, de tourner définitivement la page Gbagbo
Pascal Affi N’Guessan vers la création d’un nouveau parti politique ? C’est ce qui ressort d’un décryptage froid des dernières déclarations, du président de la branche minoritaire du FPI. Explication.
Son discours après le camouflet (seulement 3 sièges remportées) des législatives, ne laisse la place à aucune espèce de doute.

« Il faut couper ce boulet… »

« Après ces élections, on passe à une autre phase qui ne doit pas s’accommoder de tergiversations vis-à-vis de ceux qui ont montré qu’ils ne sont pas capables de se réformer (…) qui veulent s’accrocher au passé et qui constituent un boulet. Il faut couper ce boulet et aller de l’avant », rapporte l’AFP.

Explication. La rupture avec le camp Sangaré, ceux « qui veulent s’accrocher au passé », est très clair. Pour Pascal Affi N’Guessan, ceux-ci constituent un boulet qu’il faut couper et aller de l’avant. Comment ? Voilà ce que je pense. Je pars du postulat que la rupture avec le camp Sangaré est consommée depuis longtemps. Je pars aussi du postulat qu’Affi a vainement tenté d’interdire au camp Sangaré l’utilisation de la marque FPI.
Il ne reste donc plus qu’un seul moyen, pour définitivement « couper ce boulet et aller de l’avant »: créer son propre parti.
Lisons toujours Affi, cité par l’AFP. « Quel que soit ce que l’on pense du fondateur (Laurent Gbagbo), il s’agit de construire un nouveau projet qui prend en compte le bilan du passé pour identifier les handicaps du parti. Or les handicaps du parti son liés à son image ». L’image de qui ou de quoi ?

« Parti xénophobe, sectaire et violent »

Si Affi parle de l’image de Gbagbo, cela accrédite mon hypothèse de départ, puisqu’il prend bien le soin d’appeler celui-ci le « fondateur ». Si par contre, il parle de l’image du FPI, cela confirme toujours mon hypothèse, puisqu’il parle d’un « nouveau projet ». Les éléments de langage en politique sont à décrypter avec froideur.

Pascal Affi N’Guessan, déclare que le FPI a été traité « de parti xénophobe, sectaire et violent, il faut rompre avec tout cela pour construire un parti républicain, soucieux de la stabilité politique, ouvert au monde et non un parti renfermé sur un nationalisme débridé ».

Quand un politique reprend des éléments de langage qu’il prête à d’autres, c’est qu’en fait, c’est ce que lui-même pense. En clair, Affi pense que le FPI actuel est xénophobe, sectaire et violent. Et malheureusement, il n’a pas tort. Vous n’avez qu’à écouter les appels au meurtre, contre les « apatrides » lancés par Odette Lohourougnon, applaudis par des militants du FPI et jamais condamnés par la direction du FPI-Sangaré.

L’heure est arrivée de mettre fin à la vie des apatrides

Le nouveau député de la sous-préfecture de Bongouanou conclue en disant:« Laurent Gbagbo, c’est la restauration du multipartisme en Côte d’Ivoire (en 1990, NDLR) et la lutte pour l’accession au pouvoir du FPI en 2000. Aujourd’hui, il est dans les liens de la détention, il n’est plus actif, il faut poursuivre le processus, avec de nouveaux hommes, un nouveau discours et avec des nouvelles ambitions liées à un contexte nouveau ».

Rupture…

Évidemment, quand un politique déclare qu’il faut poursuivre un processus, en s’empressant d’ajouter que celui-ci doit se faire avec de nouveaux hommes, dans un contexte nouveau; il n’y a pas deux façons de comprendre qu’il évoque une rupture.
Alors, Pascal Affi N’Guessan aura-t-il assez de courage politique, pour tourner définitivement la page Gbagbo et créer un nouveau parti, en 2017 ? Il est clair que l’homme a presque fini son examen de conscience et est prêt à franchir le Rubicon. Toutefois, je peux me tromper. Qui vivra verra !

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