Le FPI de Laurent Gbagbo devient l'ombre de lui-même

FPI ce parti minoritaire qui s’autodétruit progressivement et sans se donner la peine de marquer une pause, pour regarder la réalité en face. Les chiffres récents et passés des camouflets et succès électoraux du parti le démontrent. Décryptage.

Une ou deux précisions, pour commencer et pour mettre tout le monde à l’aise. Si vous êtes du genre à ne pas supporter des vérités crues, préférant des flatteries creuses, abstenez-vous de lire ce texte. Si vous êtes abonnés à ce blog, vous devez sans doute, savoir déjà que j’aime dire des choses pas forcément agréables à lire, mais elles ont le mérite de se fonder sur des faits. Bref.

Première vérité crue

Le FPI de Laurent Gbagbo n’a jamais remporté d’élections locales, de toute son existence. En 2000, en dépit du fait qu’il était au pouvoir et bénéficiait du vent favorable de l’alternance, il a obtenu 86 sièges à l’Assemblée nationale. Le PDCI tombé en disgrâces, après le putsch de Noël 99 (17 ans, jour pour jour) en avait obtenu 97, après le ralliement d’une vingtaine d’élus indépendants.

N’eût été une alliance sur le tard, arrachée à Robert Guéi, avec son UDPCI, Laurent Dona Fologo, candidat du PDCI à la présidence de l’Assemblée nationale, aurait raflé le Perchoir face à Mamadou Koulibaly. En fin de compte, Fologo s’est retiré, la présidence du Conseil économique et social lui ayant été promise par Laurent Gbagbo, en compensation.

Légitimité populaire, par défaut

En 2001, les élections municipales qui ont suivi, ont été remportées par le RDR. Des communes qu’on pensait favorables au FPI tombaient ainsi dans l’escarcelle du parti d’Alassane Ouattara. Daloa, par exemple. Les élections des Conseils généraux de l’année suivante, ont été remportées par le PDCI.

Les résultats des législatives de cette année où le FPI-Affi n’a récolté que 3 sièges officiellement, 6 officieusement (avec 3 indépendants encagoulés) n’est que la suite logique de la vie d’un parti qui a appris à s’autodétruire. Progressivement. Méthodiquement. Le FPI-Sangaré peut s’enorgueillir d’une légitimité populaire, avec son boycott.

Les résultats des législatives, où le FPI-Affi n’a récolté que 3 sièges officiellement, n’est que la suite logique dE LA VIE D’un parti qui a appris à s’autodétruire

Il ne demeure pas moins que cette légitimité reste par défaut. Elle est donc factice, dès lors qu’elle n’a jamais été confrontée au suffrage populaire. Difficile, par ailleurs, de jauger cette légitimité, si on s’en tient aux succès relatifs des appels à la mobilisation anti-Ouattara.

Je pense (et je peux me tromper) que si le FPI était uni, les résultats auraient été meilleurs que ce score pathétique enregistré par Affi. Cependant, ces résultats n’auraient créé aucun cataclysme majeur dans le landernau politique ivoirien. Pour une raison simple, expliquée dans le titre de ce texte.

Laurent Gbagbo en avait tant et si bien conscience qu’il s’est employé à construire LMP, pour boucher les insuffisances de son parti, tout au long de son mandat. Il savait qu’en 2000, il avait été élu « dans des conditions calamiteuses » (c’est sa propre expression), suite à l’élimination de Bédié et de Ouattara, de la course.

Front pas aussi populaire

Laurent Gbagbo savait que le Front populaire ivoirien qu’il avait créé n’était pas un parti aussi populaire que cela, au point où il n’a pas voulu associer sa marque à son bulletin de vote, déjà dès le premier tour de la présidentielle.

Tant que les actuels dirigeants du FPI, tous camps confondus, ne comprendront pas qu’en fait, leur parti n’a jamais constitué une force électorale puissante, en Côte d’Ivoire et qu’ils ne s’emploieront pas, avec responsabilité, et dans le rassemblement, à la construire ; qu’ils ne rêvent même pas à 2020.

Exclusion des « étrangers »: cette douce Ivoirité du RDR

De fait, le RHDP malgré la mise à mal de sa cohésion interne, est le seul groupement politique qui a su résister à l’implosion, autant dans l’opposition, qu’au pouvoir. Plus de onze ans que cette coalition existe et elle continué de glaner des lauriers.

Tandis qu’en face, les groupement se nouent et se dénouent, avec la même propension aux querelles de leadership: LMP, CNRD, CNC, Front du Refus… Dans ces conditions, il est sûr que le futur Président de la République sortira des rangs du RHDP. Une alternance au profit d’un cadre issu de cette coalition, candidat unique de ladite coalition ou indépendant… Qui vivra verra !

4 Commentaires

  1. Merci de faire, ici, l’apologie de la maturité politique et démocratique du FPI du président Laurent GBAGBO. Et de confesser au passage, qu’il est, en réalité, le parti majoritaire. Au que quand bien même le FPI est serait déliquescent, ses adversaires d’hier, demeurent dans la crainte d’avancer avec une identité intrinsèque !

  2. Aaron 25 décembre 2016 at 10 h 25 min
    Merci, sieur André Sylver konan, de faire, ici, l’apologie de la maturité politique et démocratique du FPI et celle du président Laurent GBAGBO. Et de confesser au passage, que le FPI est, en réalité, le parti majoritaire. Au point que quand bien même le FPI serait déliquescent, ses adversaires d’hier, demeurent dans la crainte d’avancer avec leur identité intrinsèque !

    • Aaron,on se demande si tu vis en CI ou bien tu es animé de mauvaise foi.. Tu devrais nous démontrer que ce que Silver Konan ne dit pas vrai avec des chiffres qui confondent.. Au élections législatives,en absence du RDR ( qui l’a regretté après,par son président d’alors,Allassane Ouattara,lui même ).. Le PDCI RDA avait 96 députés, pendant que le FPI,au pouvoir avait 86 députés…

      Au élections municipales de 2001,le RDR t ayant participé avait eu 67 communes,suivi du PDCI RDA avec 54 maires,les indépendants avaient récolté 38 mairies et le fpi,parti au pouboir avec tous les moyens de l’état était classé dernier avec 34 communes… Même les les communes considérées comme bastions du front avaient été  » occupées par le RDR ,notamment Gagnoa,Daloa,Sinfra,Soubré, San Pédro et bien d’autres villes..
      Le front de Gnagno a toujours eu peur des élections démocratiques transparentes et ouvertes à tous…
      La stratédie du front pour aller à une élection,c’est de triller ses adversaires… Et ainsi pratiquer la violence avant de tenter de s’imposer,même là encore il n’ont jamais réussi… La seule fois,c’était avec l’appui des militaires en arme.. Pour écarter Allassane et Bédié..Sinon ils ne peuvent rien faire…

      Amed D.Londres

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