André Silver Konan

Parce que nous n'avons pas le droit de nous taire

L’erreur d’Adama Barrow que n’a pas commise Alassane Ouattara

L’erreur d’Adama Barrow que n’a pas commise Alassane Ouattara

L’erreur d’Adama Barrow, le Président élu de la Gambie a été de laisser ses proches insinuer ou laisser clairement entendre que Yahya Jammey serait poursuivi en justice. Des sorties hasardeuses, je dirais idiotes, alors qu’ils n’avaient aucun levier du pouvoir. Le revirement de Yahya Jammeh donne des indices sur ce qu’on appelle l’intelligence des situations et apporte des explications (certes incomplètes) sur la façon dont Alassane Ouattara, a géré le problème des FRCI, en Côte d’Ivoire.
Le Président élu Adama Barrow, est tombé dans le piège qu’a su éviter, avec une lucidité Alassane Ouattara. Tant que Yahya Jammeh détenait encore les rênes du pouvoir et que le Président élu n’exerçait pas encore un total contrôle sur l’armée, il ne servait à rien (alors vraiment à rien) de menacer de le poursuivre.

Et tous ceux qui voulaient l’entendre déclarer qu’il engagerait des poursuites contre Yahya Jammeh, un homme réputé imprévisible, ne souhaitaient pas toujours le meilleur pour sa gouvernance. De fait, ses proches se sont laissés entraîner dans le jeu des médias, qui sont à la recherche de déclarations fracassantes, au mépris très souvent, de la stabilité des Nations.

L’erreur d’Adama Barrow

Ils se sont laissés entraîner dans le piège des organisations internationales, qui très souvent, sont déconnectées des réalités du terrain, et sont souvent carrées sur leurs procédures, pas toujours efficaces. Tous ceux-là, médias, adversaires et même proches qui incitent aux déclarations tapageuses ne souhaitaient pas toujours le meilleur pour la gouvernance d’un Président nouvellement élu.

Vous avez là le début d’un mystère sur les FRCI en Côte d’Ivoire. Tous ceux qui mettaient la pression sur Alassane Ouattara, pour qu’il arrête et juge les ex-seigneurs de guerre de la rébellion, voulaient juste l’attirer dans le piège que n’a pas su éviter Barrow.

Notez que tous ceux du camp de Laurent Gbagbo qui ont fait de l’arrestation par Alassane Ouattara, des anciens « Comzones » de la rébellion, un préalable à la réconciliation, se sont eux-mêmes abstenus de le faire, quand bien même, ils étaient les victimes principales de la rébellion et qu’ils avaient toutes les raisons et les occasions, de le faire.

De Gbagbo à IBK

Un pouvoir se gère avec intelligence, surtout le commencement d’un pouvoir. Barrow et son groupe auraient pu encourager Jammeh à partir tranquillement, lui réserver une sortie honorable. Les sanctions, que personne n’aurait dû évoquer publiquement, auraient suivi après.

Au Mali, Ibrahim Boubacar Keita n’a pas tout de suite mis aux arrêts, le fantasque Amadou Haya Sanogo. Il a attendu de lui arracher tous les leviers du pouvoir, avant de le faire. En Côte d’Ivoire, Amadé Ouérémi, le seigneur du mont Péko, n’a pas été arrêté tout de suite, après la tragédie de Duékoué, pour la simple raison qu’il contrôlait toujours la zone. Il a fallu que les FRCI usent de patience et de stratagème, pour l’arrêter.

« Jammeh n’échappera pas à son destin. Il s’est engagé dans une voie sans issue et quel que soit le temps que prendra sa résistance, il sera dégagé »

En 2000, Laurent Gbagbo n’a pas tout de suite arrêté les gendarmes présumés responsables du charnier de Yopougon. Il ne les a d’ailleurs jamais arrêtés. Le groupe de Bê Kpan (décédé depuis plusieurs années), est resté libre, tout au long d’un procès bâclé, qui a abouti à un délit non constitué. Un mauvais exemple d’impunité certes, mais un exemple qui édifie sur la real politik.

Certes, je ne suis pas un partisan de l’impunité, mais je dis simplement qu’avant de poursuivre un dirigeant ou une personnalité qui a eu un rôle militaire important, il faut s’assurer de l’avoir totalement désarmé auparavant. C’est le préalable même de la stratégie politique.

Pour le reste et pour revenir à Yahya Jammeh, je le dis très clairement, cet homme arrivé au pouvoir, dans le sang, n’échappera pas à son destin. Il s’est engagé dans une voie sans issue et quel que soit le temps que prendra sa résistance, il sera dégagé, d’une façon ou d’une autre.

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André Silver Konan

3 thoughts on “L’erreur d’Adama Barrow que n’a pas commise Alassane Ouattara

  1. Quitter ou pas le pouvoir ne peut pas depandre de declarations de presse. Si on comprends bien alors dans les cas futurs il s’agira alors poir les presidents de ne pas lacher le pouvoir puisque declarations ou pas on sera poursuivie. Le prochain s’il est intelligent ne partira pas puisque comme on dit il declare oh tu sera poursuivi, il declare pas oh, tu sera poursuivi. Alors autant rester. lol !

  2. Adama Barrow est un idiot s’il écoute l’Europe et met le feu en Gambie. Il a tout intérêt à laisser Jammeh tranquille et faire face développement économique de son pays.

  3. La cerise sur le gateau, cest la comission electorale qui n’a pas été professionnelle. Etait-elle obligée de revenir sur ses erreurs de decompte?. En tout cas moi à sa place j’aurais agis comme yayah Jammeh. Surtout qu’on menace de m’envoyer à la CPI une fois solidement installés. Erreur Yammeh avait encore tous les attributs du pouvoirs. Bonne leçon de strategie politique a enseigner dans les ecoles

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