François Hollande montre la voie à certains dirigeants africains impopulaires

En renonçant à briquer un second mandat en 2017, François Hollande montre là la voie de la lucidité et du courage politique aux dirigeants du monde entier et principalement de l’Afrique. Une renonciation rare dans un milieu sous l’empire de l’orgueil allant jusqu’au crime.

A Treichville, un adage de comptoir dit: « Yeux connait bagage qui est lourd ». Littéralement, il faut comprendre par cette expression tirée de l’ivoirien (façon de parler typiquement ivoirienne, différente du nouchi) qu’un homme connaît, à vue d’oeil, ses propres limites.

François Hollande, le Président le plus impopulaire de la cinquième République, en France, a tiré toutes les conséquences de son manque d’entregent en matière de gouvernance. Il a donc choisi la voie de la sagesse, en lieu et place de celle de l’inévitable humiliation.

Examen de conscience

En se retirant de la course à la présidentielle hier, il a posé un acte fort. L’on voit juste la déclaration d’un homme dépité, annonçant son intention de ne pas être candidat. Mais j’imagine combien le processus de prise de cette décision a été long, laborieux, stressant.

J’imagine combien il a été difficile pour le chef d’Etat français, de dominer son orgueil personnel. Orgueil impitoyable que de nombreux politiciens, sinon tous; ont en partage. J’imagine combien il a dû travailler sur son égo. Combien il a dû s’apprêter à affronter les railleries (hypocrites des Mélenchon et consorts) qui n’ont d’ailleurs pas tardé, la tristesse de ses proches. Et surtout, combien il a été difficile pour lui d’admettre son échec, ses erreurs.

« La politique est le domaine, par excellence, de l’orgueil, de l’égo surdimensionné, du refus de voir la réalité et d’assumer ses erreurs »

Cet examen de conscience froid, détaché et indépendant qu’on mène avant toute décision difficile, bien peu parmi nous le réussissent. Les politiciens, encore moins. La politique est le domaine, par excellence, de l’orgueil, de l’égo surdimensionné, du refus de voir la réalité et d’assumer ses erreurs.

C’est quoi le courage politique ?

En Afrique et à ma connaissance, seul Nelson Mandela l’a réussi. Bien sûr, lui, n’a pas décidé de renoncer à un second mandat pour les mêmes raisons (échec) que Hollande. Lui, avait une vision plus large du don de soi, du renforcement de la démocratie, en Afrique du Sud. Au Bénin, si Patrice Talon respecte sa parole de faire un seul mandat, il serait allé plus loin que Mandela. Parce qu’il a pris son engagement avant son élection. Bref.

La décision de Hollande me porte à m’interroger sur le courage politique. C’est quoi le courage politique ? Eh bien, pour moi et je l’ai toujours dit, ce n’est point de bander les muscles pour mener un combat pas toujours légitime, défendre une cause pas tout à fait juste.

De Jammey à NKurunziza

Ce n’est pas de tenir fermement son pays depuis plusieurs décennies comme le fait Yahya Jammey. Ce n’est, non plus, de s’arc-bouter au pouvoir, comme le fait Pierre Nkurunziza, au Burundi. Le courage politique, c’est d’engager des réformes institutionnelles et structurelles difficiles, pour un mieux-être de son peuple. Et quand on a échoué à servir cette cause noble, le courage politique, c’est d’en tirer toutes les conséquences et de se tirer.

Il reste que cette belle leçon de courage politique de Hollande serve en Afrique. Des élections arrivent bientôt au Mali, au Cameroun, au Zimbabwe… Qui vivra verra !

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