Chaque fois que l’ex-opposition, actuellement au pouvoir, voulait organiser une marche à Abidjan, c’était dans le secret espoir de faire une révolution.

La marche à Abidjan, du Front du refus, me porte à revenir sur une réflexion que j’ai faite, il n’y a pas longtemps. En effet, souvent, je regarde des politiciens africains et je les trouve soit marrants, soit pas très malins (euphémisme pour ne pas dire intelligents). Certains opposants ivoiriens actuels me rappellent certains opposants ivoiriens d’hier.

Une révolution qui renverserait Laurent Gbagbo

Chaque fois que l’ex-opposition actuellement au pouvoir, voulait organiser une marche à Abidjan (marches généralement interdites et mortellement matées, du reste), c’était dans le secret espoir de faire une révolution qui renverserait Laurent Gbagbo.
Je leur disais chaque fois qu’ils rêvaient debout. C’est exactement ce que font les opposants à Alassane Ouattara, aujourd’hui, eux qui étaient au pouvoir hier et qui de ce fait, sont bien placés pour savoir qu’on ne renverse pas dans les rues, un pouvoir aussi facilement.
Ils rêvent aussi debout, en croyant naïvement qu’on renverse un pouvoir, avec une centaine ou un millier de personnes déterminées, dans les rues de la capitale. Une révolution se fait avec le peuple par millions, pas avec des militants surchauffés et/ou violents, par centaines.

Ils ont dû attendre onze ans, pour dégager Gbagbo, par les urnes

 Une révolution est portée par des gens crédibles

Sérieusement, hier les opposants à Gbagbo réunis au sein du RHDP, rêvaient de le renverser par la rue et les armes, ils ont dû attendre onze ans, pour le dégager par les urnes (son refus d’admettre sa défaite a spirituellement désarmé son pouvoir et il a fini par être chassé par les armes, sur lesquelles il comptait pour se maintenir au pouvoir).
A ces apprentis-politiciens d’hier et d’aujourd’hui, j’envoie un seul message. Regardez autour de vous: combien de révolutions populaires, y a -t-il dans le monde, par décennie ? Et pourtant, les marches à caractère insurrectionnel, il y en a des centaines, voire des milliers par an, dans le monde.
Une révolution, je répète, ce sont des millions de personnes dans les rues, aussi bien dans la capitale que dans diverses villes du pays. C’est une mobilisation maintenue sur plusieurs jours.
Par ailleurs et c’est sans doute le plus important, une révolution est conçue et portée par des gens crédibles. Or tous les politiciens (je dis bien tous les politiciens, à l’exception de Kouadio Konan Siméon) qui se baladent à Abidjan et se rêvent en révolutionnaires, ont déjà fait leur contre-preuve sur le terrain de la légitimité et de la démocratie, de la bonne gouvernance et même de la vision politique.
http://www.andresilverkonan.com/2016/10/08/marche-affi-nguessan/

2 Commentaires

  1. « Ils ont dû attendre onze ans, pour dégager Gbagbo, par les urnes » Il faut relativiser là ! Si ce n’était que les urnes, le sieur Gbagbo serait là encore ! Comme Mugabé, comme Bongo !

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