Ma position est radicale, il faut combattre les brouteurs, mais alors très « sauvagement ». Je vais vous expliquer pourquoi, en me basant sur le désastre des Afro-Américains, dont nombreux sont passés maîtres dans une autre forme de « broutage ». Vous comprendrez par la même occasion, pourquoi le premier Président afro des États-Unis, est un fils d’immigré africain.

A Washington, de la discussion avec mon aîné Lucien Pouamon et mon ami Souleymane Soumahoro dit Duce, j’ai compris une chose simple. Qui concerne l’état d’esprit de nombreux Afro-Américains. La plupart d’entre eux, descendants d’esclaves ont développé, au fil des siècles, une mentalité de tribu assiégée. Qui plutôt que de les convaincre au travail acharné, les a confinés dans la facilité.

« Nos semblables, lointains descendants d’esclaves, préfèrent, pour certains,  trafiquer, plutôt que d’aller à l’école »

Sous le prétexte de la domination des fils d’anciens maîtres d’esclaves, ils se sont retirés dans les banlieues. Refusent de faire de longues études. Préfèrent faire de petits boulots, en attendant de trouver un bon circuit mafieux. La vente de stupéfiants, notamment. Le grand « broutage » quoi.

Quand tu demanderas à ces petits et grands trafiquants, pourquoi ils choisissent ce créneau, ils te donneront une réponse invariable. A savoir que « papier-longueur » est lassant et non lucratif. Et qu’ils ne voient pas pourquoi s’emmerder à aller à un boulot qui leur rapporterait 20 à 50 dollars de l’heure (10 000 à 25 000 FCFA), alors qu’ils peuvent se taper 500 à 5 000 dollars (250 000 à 2 500 000 FCFA) la journée, rien qu’en vendant de la drogue.

Alors qu’est-ce qui se passe aux États-Unis ? Nos semblables, lointains descendants d’esclaves, préfèrent, pour certains, trafiquer, plutôt que d’aller à l’école. Certes, ils gagnent de l’argent. Ils s’achètent de grosses voitures pour parader dans leur quartier populaire, se tapent les jolies go du secteur, fréquentent les meilleures boites de nuit.

Cependant, ils ne songent pas à bâtir de bons empires avec l’argent malhonnête. Tout le contraire des descendants d’anciens esclavagistes qui ont bâti des fortunes avec l’argent malhonnête et tâché de sang de leurs ancêtres.

« J’ai compris pourquoi Barack Obama a été le premier Président d’origine africaine (son père était un immigré kényan), des États-Unis »

L’inconvénient est qu’ils finissent presque toujours de la même façon. Au pire, avec une balle dans la tête. Au mieux, en prison, pour 10, 15 ou 25 ans, voire condamné à mort.

Par là, j’ai compris aussi et surtout, pourquoi Barack Obama a été le premier Président d’origine africaine (son père était un immigré kényan), des États-Unis. J’ai compris pourquoi il est plus facile pour un Africain ou un Américain d’origine africaine, de réussir aux États-Unis, qu’un Afro-Américain d’origine américaine.

Allez aux États-Unis, et vous verrez que nombreux parmi les Afro qui vont jusqu’au doctorat, sont soit des Africains, soit des fils d’immigrés africains. Vous constaterez que ce sont eux qui deviennent médecins, enseignants, avocats, etc. Pourquoi ? Parce qu’ils vont à l’école et s’assurent d’avoir leurs diplômes.

Alors j’en viens à nos petits-frères et petites sœurs de la génération coupé-décalé, qui commencent à tant détester l’école. Les « brouteurs », puisque c’est d’eux qu’il s’agit, constituent un réel dans pour l’avenir de l’Afrique.

La raison est simple. Leur culte de l’argent facile, autant que des pratiques occultes et leur aversion pour les études, les rend exactement comme les dealers afro-américains. Autant ces derniers constituent le contre-exemple parfait pour la jeune génération d’Afro aux États-Unis, autant les premiers influencent négativement la jeunesse africaine.

« Qu’est-ce qui va se passer, si l’on ne combat pas « sauvagement » le « broutage » ? Dans quelques années, rares sont les jeunes qui voudront terminer leurs études »

Alors qu’est-ce qui va se passer, si l’on ne combat pas « sauvagement » (l’expression n’est pas de moi, vous le savez déjà) le « broutage » ? Dans quelques années, rares sont les jeunes qui voudront terminer leurs études. Rares sont ceux qui voudront même faire quelque chose de leurs dix doigts.

Presque tous voudront choisir la facilité du « broutage » et l’Afrique déjà assez mal partie, du fait de sa crise intellectuelle, sera davantage dominée par l’Occident, pour lequel des idiots prétendent encaisser une dette coloniale.

Dette coloniale

Un prétexte hypocrite pour escroquer de l’argent à des gens honnêtes. Regardez autour de vous. Ceux à qui les « brouteurs » envoient des SMS de concours de Trésor, des Impôts et autres, sont-ils des anciens colons ?

Tous ces profils Facebook qui sont piratés ou dupliqués, pour extorquer de l’argent à des amis sur nos profils, sont-ils des occidentaux ? Tous ces gens que des gamins assis dans des cybercafés font chanter, sont-ils des Français ?

Bref. Il est temps que les dirigeants africains mesurent vraiment le danger du « broutage ». Une pratique détestable et criminelle qui est en train de pourrir le corps social des moins de trente ans. Et qui, de ce fait, devient une véritable arme de destruction massive de notre future conscience collective africaine.

Nous ne devons pas et ne pouvons pas laisser cette mentalité criminelle prendre possession du corps de nos enfants. La plaisanterie a assez duré !

4 Commentaires

  1. Cher André,
    Je lis avec beaucoup d’intérêt vos publications. Je ne partage pas votre analyse sur le fait que les afro descendants ne veulent pas faire de longues études. Je trouve que vous généralisez un peu trop vite.
    Vous n’ignorez pas le coût des études aux États-Unis qui est très exorbitant. De plus aucune politique réelle n’est mise en place pour qu’une bonne partie de la classe moyenne ou les plus modestes puissent accéder aux études universitaires. On sait que les afro-américains pour la plupart appartiennent à ces catégories de la population. Pour financer leurs études beaucoup n’ont pas le choix que de prendre un crédit (lorsqu’il leur est accessible)ou s’engager dans l’armée.

  2. Merci pour cette analyse ASK.

    Bien que je partage d’habitude vos analyses sur les sujets ivoiriens / africains, je trouve cet article completement en decalage avec la realite.

    Il y a enormement d’elements lies de maniere directe ou indirecte a l’esclavage, la segregation, puis un racisme institutionalise (education, justice, logement, sante…) qui n’entrent pas du tout en compte dans votre analyse tres simpliste.

    Ce sont malheureusement ces raccourcis dans l’analyse et prejuges en tout genres (les noirs americains ne sont pas eduques, les africains americains sont des criminels) qui participent a ce clivage racial aux USA, avec tous les effets negatifs auxquels nous assistons: violences policieres, banalisation du discours d’extreme droite.

    Il ne suffit pas de s’attaquer au « brouters », car ceci reveindrait a s’interesser seulement aux symptomes de la maladie. Il faut, au lieu de ca, comprendre les causes de ce phenomene, et s’atteler a les resoudre.

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