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Dans notre série ‘premiers job’, focus aujourd’hui sur trois figures politiques ivoiriennes, Anaky le rabatteur, Bamba Moriféré et Joël N’Guessan.

Aujourd’hui, dans la série des premiers jobs, nous parlerons d’Innocent Anaky Kobenan, Bamba Moriféré et Joël N’Guessan. Le premier a été rabatteur sur le célèbre boulevard saint Germain de Paris, le deuxième, vigile à Bordeaux et le troisième, guitariste à Bouaké.

Anaky Kobenan, le beau parleur du boulevard Saint Germain

Anaky Kobenan, le fondateur du MFA, se retrouve à Paris, en 1968, pour des études supérieures. Pour arrondir ses fins de mois, il devient rabatteur. Pour comprendre, il faut savoir qu’il faisait exactement ce que les jeunes du terminus 82 d’Angré ou des maquis de l’ex-rue Princesse font : à savoir accoster les clients et leur proposer des places dans les maquis. Ils sont l’équivalent des petits « coxers » dans les gares routières.
« J’étais à l’époque, nous a expliqué, il y a quelques années, l’ex-ministre des Transports (mars 2003 – septembre 2006), ce qu’on appelait un bon baratineur ou un beau parleur. Sur le boulevard Saint Michel et le boulevard Saint Germain à Paris, je servais de rabatteur à certains restaurants pour leur faire venir de la clientèle étrangère parce que je parlais aussi bien le français que l’anglais et l’allemand ». Sa technique d’approche est plutôt originale, discrète : « Je me promenais sur le boulevard, mine de rien, et quand je repérais des touristes anglo-saxons, des germaniques ou des Européens du nord, je les abordais, je leur racontais une blague ou leur faisait une remarque rigolote, avant de leur dire que je connaissais un très bon restaurant, dans le coin ». Et ça marchait à merveille. Au total quatre restaurants sont dans le giron du rabatteur. Il est payé à la commission. « J’avais entre 5 et 10% de commission sur la note globale des clients que j’amenais », fait-il savoir.
Avec cet argent, Anaky allait constituer progressivement le capital, pour lancer sa future entreprise « Inter Transit », qui financera les débuts du FPI de Laurent Gbagbo.

Bamba Moriféré : le veilleur de nuit

En 1969, le jeune étudiant en pharmacie de l’Université d’Abidjan arrive en France. En poche, une bourse d’études offerte par l’Etat de Côte d’Ivoire. Le premier petit boulot de Bamba Moriféré est celui de chauffeur-livreur dans un pressing situé dans le 13è arrondissement de Paris. « Je prenais les vêtements dans un van à partir du pressing et je partais les donner pour lavage, à l’usine de Vitry », nous avait-il confié, il y a quelques années.
Par la suite, ayant perdu le bénéfice de sa bourse « pour des raisons politiques », à l’en croire, le jeune étudiant marxiste, opposant à Félix Houphouët-Boigny, se trouve un emploi dans la banlieue de Bordeaux. « J’étais gardien de nuit dans une usine de fabrication de médicaments dénommée Labaz ».

Joël N’Guessan : le guitariste

L’ex-ministre des Droits de l’homme dans le gouvernement de Charles Konan Banny, aujourd’hui porte-parole du RDR est un musicien. Entre 1974 et 1977, élève au Collège Saint Viateur de Bouaké, il dirige alors l’orchestre de l’établissement, le Viat Expérience Musique. Il est guitariste. Pour se faire de l’argent de poche, il se transforme pendant des week-ends en organisateur de concert live avec son orchestre. Très souvent, ces spectacles sont un succès. Mais, « des fois, ironise Joël N’Guessan, c’était le fiasco, car les entrées au spectacle ne couvraient pas les frais de location du matériel de sonorisation et de la salle de spectacle».
La devise de Joël N’Guessan, pour jouer à la guitare et surtout avancer dans la vie, est simple : « Le handicap, c’est dans le regard des autres ».

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