André Silver Konan

Parce que nous n'avons pas le droit de nous taire

Cours les mercredis en Côte d’Ivoire : « je persiste et je signe »

Cours les mercredis en Côte d’Ivoire : « je persiste et je signe »

« Au primaire, j’allais à l’école les mercredis et ça ne m’a pas abruti » dit André Silver Konan à propos du retour des cours les mercredis en Côte d’Ivoire.

Certes, la ministre Kandia Camara n’avait pas à répondre aux propos excessifs de Mesmin Comoé (c’est lui qui a été le premier à parler de lancer une « grève sauvage et illimitée »). Certes, il n’était pas très approprié d’évoquer la destination Minignan, comme sanction à une grève « sauvage ». Mais, je persiste et je signe, en disant : sortons des émotions et regardons les choses en face.

Au primaire, j’allais à l’école les mercredis et ça ne m’a pas abruti, encore moins, fait de moi un raté. Tous ceux de ma génération (80-90) et sans doute, ceux de la génération avant nous, allaient à l’école le mercredi matin (il faut bien préciser que la réforme ne touche pas au mercredi soir) et ça ne leur posait pas de problème. A cette époque, c’était la chicotte du maître qui nous posait problème et ça a disparu depuis lors.

Cours les mercredis en Côte d’Ivoire : le fond du problème

A cette époque, nous étions aussi 80 par classe et ça ne posait aucun problème à nos maîtres. A cette époque, aucun instituteur (parmi lesquels, mon regretté père – c’est pourquoi je précise que ça n’a rien de personnel, puisque j’ai vécu les efforts extrascolaires de mon père, obligé de se lever à 5h du matin, pour préparer des fiches que je ne vois d’ailleurs plus avec les plus jeunes) ne prenait de l’argent à un enfant, pour lui dispenser des cours de renforcement, ni le mercredi soir (férié), ni le samedi matin. Parce qu’il faut bien comprendre que cette affaire tourne autour des cours de renforcement payants, devenus obligatoires dans certaines écoles, dans de nombreuses écoles primaires. C’est cela le fond du problème, personne n’est dupe.

Comment devons-nous atteindre la moyenne exigée par les standards internationaux ?

C’est au primaire qu’on doit pouvoir détecter les talents cachés des enfants

Certes les classes sont surchargées, les tables-bancs manquent, les écoles sont insuffisantes, le programme scolaire n’est pas à notre goût (personnellement, je pense que c’est au primaire qu’on doit pouvoir détecter les talents cachés des enfants, qu’ils soient artistiques, sportifs ou intellectuels), mais il ne demeure pas moins que le volume horaire en Côte d’Ivoire (132 jours) est faible par rapport à la moyenne exigée par l’OCDE (187 jours) : voilà le fond du problème qui devrait catalyser nos énergies.
Comment devons-nous atteindre la moyenne exigée par les standards internationaux, quand bien même nous avons des tares à corriger dans notre système éducatif ? La solution proposée par le gouvernement est le retour des cours le mercredi, et je soutiens cette proposition. Tout comme j’encourage le gouvernement à régler les autres problèmes de sureffectif et autres.

Contre-proposition pour les cours les mercredis en Côte d’Ivoire

Plutôt que d’opposer une fin de non-recevoir, les syndicalistes qui veulent protéger les cours de renforcement payants les mercredis (je répète que personne n’est dupe), pourraient faire une contre-proposition comme le suggère mon ami N’Goh Raymond : dispenser les cours le samedi matin, à la place du mercredi matin, destiné à faire des courses d’ordre familial, en semaine, pour les instituteurs éloignés des centres urbains et ils sont nombreux. Cette proposition a le mérite d’atteindre le même objectif, à savoir aller vers les 187 jours.

Je suis de ceux qui pensent qu’en Afrique, on ne travaille pas assez

Arrêtons l’hypocrisie et sortons de nos émotions !

En fait, qui peut me dire, à quel moment la décision a été prise d’annuler les cours les mercredis ? Lol. Je ne me rappelle pas bien, ni la date, ni les explications fournies à l’occasion de cette décision. Une chose est certaine, je suis de ceux qui pensent qu’en Afrique, on ne travaille pas assez. Et si dès le bas âge, on doit inculquer l’esprit d’endurance à nos enfants, pourquoi pas ?
Je termine en m’adressant aux grévistes : vous trouvez que votre tâche est immense, que vos classes sont surchargées, que les enfants seront fatigués, et pourtant, tout cela ne vous empêchait pas de dispenser des cours payants (et parfois obligatoires, ce qui n’est déjà pas très juste) les mercredis matins, à vos élèves. Arrêtons l’hypocrisie et sortons de nos émotions !

14 thoughts on “Cours les mercredis en Côte d’Ivoire : « je persiste et je signe »

  1. Ok c’est bien que vous ayez eu un parent instituteur (paix à son âme). Cela est très important pour la suite du débat. Pour notre part nous disons que les cours les mercredis payants et obligatoires dans des établissement publiques sont interdits et bien interdits. Si cela perdure et tant même à se généraliser cela est du à notre propre laxisme qui laissons les comportements intolérables et de non droit se faire sans réagir. Depuis que l’on dit que les fascicules sont interdits qui en tient compte? En tout cas pas nous les parents d’élèves qui nous évertuons à les acheter pour nos enfants sans broncher et qui ne sont même pas utilisés, je sais de quoi je parle. C’est cela le fond du problème des comportements sont interdits et des personnes se permettent de les avoir et nous restons là à les regarder comme si cela était normal quand bien même ils sont signalés à leur hiérarchie qui ne réagit pas non plus. Les parents d’élèves sont livrés à la merci des responsables d’établissements scolaires publics qui les rackettent à souhait sans que eux mêmes ne réagissent à plus forte raison le MEN qui fonctionne comme un complice de ce comportement rétrograde. DIEU merci apparemment la MEN peut sanctionner des agents nous attendons la suite pour tous les autres enseignants qui vont se mettre dans ces genres de situations interdites et qu’elle ne sanctionnera pas. Nous allons nous atteler à documenter ces comportements interdits et les porter à sa connaissance, car pour un ministre elle même aussi ne travaille pas beaucoup pour trouver le temps de muter un agent là où elle estime être l’enfer. C’est dommage de se foutre des endroits de vie des autres de cette façons. Au total il faut mettre fin aux cours obligatoires et payant des mercredis cela est interdit; de même il faut interdire de racketter les parents d’élèves dans nos lycées et collèges pour de soi disant inscription physique et mettre aussi fin à la dictature des COGES qui érigent le racket en système de gestion; les évaluations payantes des Iep; la vente de fascicules à nos enfants, comme il doit aussi être mis fin au commerce des enseignants pour vendre des tenues de sport, des romans de badges et j’en passe. Comme vous le constatez, l’école est tout aujourd’hui sauf un lieu d’apprentissage. Quant au 4 jours de cours dans la semaine au primaire il avait été institué par le Premier Ministre ALASSANE OUATTARA qui est aujourd’hui Président de la république et qui curieusement valide sans autre forme de procès ce retour dont il avait été lui même le parrain. En fait on n’avance pas! Quant à nous, nous signons et persistons que le système éducatif ivoirien est performant tel qu’il est, son problème est à chercher dans ses premiers responsables qui rament à contre courant pour le bloquer et lui donner l’aspect de ne pas bien fonctionner et cela est politique je dis bien politique.

  2. La seule chose qui me choque dans cette histoire c’est que la décision en elle-même a dû être prise un peu à la hâte si elle avait été bien étudiée et proclamée en fin d’année scolaire on n’en serait pas là

  3. Le seul problème est que les instituteurs ne veulent pas travailler gratuitement. Il veulent que l’état leur paie la journée de mercredi comme si on leur demandait de travailler un jour férié. Les professeurs dispensent des cours les mercredis matin sans crier ou sans réclamer un dû. Ils savent que c’est pour tous ces jours qu’ils sont payés. Ces professeurs ne sont-ils pas des fonctionnaires d’état?
    Mais les instituteurs pensent que le salaire qu’ils perçoive et le salaire de 4 jours de travail seulement.
    Comme le disait ASK, en Cote d’ivoire, l’ivoirien ne veut pas travailler ou travaille peu et veut un gros salaire. Il faut que les instituteurs comprennent qu’ils ne sont pas au dessus de la décision du gouvernement. Que mme le ministre prenne ses responsabilités.

    1. Franchement les instituteurs exagèrent . Et pourtant la plupart à faut les cours mercredi matin . Sinon c était samedi matin . Ils font plein d exigences n ont eux même souvent pas le niveau.
      L enseignement est un métier nobke ont n y va pas pour un salaire mais par amour et vocation .

    2. sinon à votre décharge les professeurs des collèges et lycées ont des jours de repos dans la semaine qui varient en fonction ds emplois du temps. Pas pour les instituteurs qui n’ont que la seule journée de mercredi pour se reposer de leurs durs labeurs

      1. C’est depuis quand le mercredi a été déclaré jour de repos. Avant on partait mercrdei a l’ecole et samedi matin . On vous demande juste de travailler mercredi matin, cela vous pose probleme. Kouassi as tu fais les cours le mercredi comme moi? si non je te comprend alors.

  4. je crois que cette réaction est politique, sinon comment peut on discuter des décisions de son employeur? avant on allait à l’école les mercredis et comme ASK le dit, on est pas devenu pour autant des abrutis , Mr. Mesmin et ses camarades veulent continuer de raquetter les parents d’élèves les mercredi en lieu et place d’un jour de travail régulier. S’il ne peut pas travailler dans ces conditions, qu’il démissionne c’est tout. La récréation est vraiment terminée

  5. Merci ASK!
    La seule chose qui me gêne est la démarche du ministère et même du gouvernement.
    Pas de communication et une annonce brutale à quelques jours de la rentrée.
    On aurait pu depuis un an (au cours de l’année scolaire qui vient de s’achever) annoncer qu’à la rentrée 2016/2017 il y aurait cours les mercredis et l’expliquer aux parents et aux enseignants.
    ça aurait évité ces tensions inutiles……le système éducatif a plusieurs partenaires et le ministère seul ne peut de façon dictatoriale et unilatérale prendre des décisions qui changent beaucoup de choses.merci

  6. Pour vous reprendre je dirais qu’au primaire, je n’allais pas à l’école les mercredis et cela ne m’a pas abruti, encore moins, fait de moi un raté. Envoyer ma fille de la maternelle à l’école le mercredi fera d’elle un genie? je l’espère vivement. Je pense qu’il y a des problèmes plus importants à régler que de prendre des décisions à la hâte en plein début d’année scolaire.

  7. Moi, je reste sans voix face à certaines affirmations. Je puis vous dire qu’un enseignant du primaire ne travaille pas seulement 08h par jour. Il faut au minimum 04 à 05 h de plus pour les préparations des leçons du lendemain et les corrections des devoirs de la veille. Et puis je voudrais dire que Abidjan n’ est pas la Côte d’Ivoire. A Abeykouadiokro et dans la quasi totalité des villages, aucun enseignant ne donne des cours de renfo. A Belleville, un village de Zoukougbeu, pour venir à la banque, il faut au moins deux jours et cela est valable pour Gueyo, ou Pascalkro. Alors il faut en tenir compte. Et que dire des papiers administratifs et autres visites chez les médecins? Étant donné que les autres services de l’état finissent à 16h30.
    Mettons balle à terre… Et puis ceux qui allaient à l’école les mercredis comme moi, n’y allaient pas les jeudis. On y allait les samedis matins mais nous savons tous ce que c’est.
    Je pense qu’une réforme aussi nécessaire soit-elle mérite une expérimentation sur un échantillon représentatif avant d’être généralisée. Elle aura alors le mérite de préparer les esprits à cet autre changement.

  8. Les années 90 on partaient 5jours de cours du lundi aux mercredi et jeudi était jour de repos si vous avez bonne mémoire l instituteur avait un jour de repos dans et on faisait vendredi et samedi matin en 1991 une loi venait interdit a l administration ivoirienne les jours ouvrables du lundi au vendredi et les samedis deviennent jours fériés du cour les instituteurs n ont que 5 jours y compris leur jour de repos donc le jour de repos passe au mercredi pour qu’il puissent vaquer avec occupation personnelle et administrative
    Vous qui parlez d argent des cours de renforcement dans les villages quels instituteurs Qui font cours de renforcements paysans .il y a plus d instituteurs en brousses que en vie .arrêtons de les diabolisés si vous êtes trop fâché allez y enseigner vos enfants . disons ce qu’il est vrai , ne suivons pas la médiocrité …….merci.

  9. Bah, de toute façon, comparer sans le mentionner une période où le chômage montait partout en Europe (sous Sarkozy) à une période où le chômage descend partout (sous Hollande), c’est malhonnête, mais on n’en attend pas moins de notre président.

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