Voici la Paul Yao N’Dré locale du Gabon. Son nom : Marie Madeleine Mborantsuo, 61 ans, magistrate bardée de diplômes et de distinctions internationales, présidente du Conseil constitutionnel du Gabon depuis 20 ans.
Toute maîtresse d’Omar Bongo fusse-t-elle, mère de deux demi-frères d’Ali Bongo (eh oui), présidente du Conseil constitutionnel d’un pays dont l’électorat est près de dix fois moins important que celui de la Côte d’Ivoire ; elle n’a pas encore tranché (en tout cas pas pour le moment, une semaine après sa saisine par Jean Ping) le contentieux électoral en faveur de son « fils » (façon de parler) Ali Bongo, proclamé vainqueur par la Commission électorale.

Une précipitation au Gabon qui aurait été aussi et parfaitement flagrante comme l’a été celle honteuse et pitoyable d’un certain Paul Yao N’Dré, le 3 décembre 2010, en Côte d’Ivoire. Ce magistrat qui s’est par la suite déclaré (mai 2011) « possédé », au moment des faits, a réussi l’insoupçonnable prouesse d’annuler les résultats dans huit départements du pays, y compris dans celui de Séguéla, pourtant non visé par la saisine de Laurent Gbagbo (eh oui, ça aussi c’est l’histoire), à inverser les résultats du scrutin qui donnait Alassane Ouattara vainqueur, selon les chiffres de la Commission électorale). Tout cela en moins de 24 heures et sans un seul soupçon de vernis de légalité. En effet, les textes constitutionnels en Côte d’Ivoire imposent une reprise du scrutin, au cas où l’annulation de résultats serait de nature à inverser l’issue du scrutin.

Six ans plus tard, des gens qui pourtant se disent accrochés à la justice, continuent de soutenir cette forfaiture criminelle. En effet, la crise postélectorale ivoirienne née du refus de l’acceptation du suffrage des électeurs a coûté la vie à pas moins de 3 000 personnes.
Pour l’heure, Marie Madeleine Mborantsuo n’est pas Paul Yao N’Dré (60 ans) et c’est tant mieux pour le Gabon. Pour l’heure… Qui vivra verra !

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