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Depuis quelques jours j’essaye de comprendre ce qui arrive et je pense que je commence à percer le mystère de cette élimination précoce des Eléphants. Petite précision pour vous mettre à l’aise : je ne suis ni un spécialiste de foot, ni un psychologue. Je me suis appuyé sur deux vidéos et le souvenir d’une rencontre avec une ancienne gloire.

Evoquons d’abord le souvenir. J’ai rencontré Gadji Céli à l’ambassade de Côte d’Ivoire, il y a quelques mois et il m’a dit : « L’un des problèmes des Eléphants actuellement, c’est que la jeune génération pense qu’elle n’a rien à apprendre des doyens que nous sommes. On a quand même remporté la coupe d’Afrique ! ».

Parlons des vidéos. J’ai regardé et re-visionné (en réalité, je n’ai suivi que très irrégulièrement les matchs de la CAN, boulot oblige) la vidéo de la dernière rencontre des Eléphants. Une image a attiré mon attention. Celle où on voit Didier Drogba faire remarquer à Yaya Touré qu’il a détourné la trajectoire de l’un de ses tirs qui se lançait vers le but. Sur la deuxième vidéo, on voit plusieurs joueurs ivoiriens assis sur un canapé, jouer au jeu de qui est le plus beau, le plus grand danseur, le plus paresseux, le plus assidu au travail, etc. Sur cette vidéo, on lit sur les visages de Yaya Touré et de Didier Drogba une sorte d’inimitié conviviale. Ces deux-là, ne s’apprécient pas, ça se voit.

Au total, le problème de la sélection ivoirienne se résume, je pense, en trois lettres : ego.

Ego surdimensionné d’une part, qui fait que les jeunes joueurs surmédiatisés et riches, n’éprouvent pas le besoin de se faire entourer d’anciennes gloires, comme le font les Nigérians ou les Ghanéens.

Egos au sein de l’équipe qui met en position de rivalité Didier Drogba et Yaya Touré. La société humaine ne supporte pas deux chefs ; il en est d’une équipe de football comme de la vie elle-même. Drogba et Touré sont deux chefs dans un même microcosme. Normal puisque ces deux-là se retrouvent presqu’annuellement, sur la liste des nominés au Ballon d’or africain. Normal aussi qu’un sentiment de déni des talents et de négation des compétences de l’un ou de l’autre, naisse. Anormal par contre, que cette rivalité qui ne se cache plus, fasse ravaler l’orgueil de plusieurs supporteurs obligés de s’autoproclamer masochistes, pour amoindrir l’effet des chocs émotionnels devenus leur lot quotidien depuis le temps de la génération Drogba.

Résultat de ce jeu qui ne fait pas rire : les deux garçons et leurs alliés au sein de l’équipe ne se donnent pas à fond (comme le font les Maliens autour de Seydou Kéita), sans doute par peur que la victoire ne profite à l’un ou à l’autre. N’ayons pas peur des mots (ce que je vais dire n’est pas nécessairement objectif), je crois que dans ce jeu de l’hypocrisie, Yaya Touré, quoique plus jeune et moins populaire que Didier Drogba, est le plus engagé. En effet, je fais le même constat que Basile Boli, à savoir que Yaya Touré n’a pas encore particulièrement brillé en sélection nationale (j’ignore comment il se comporte dans son club pour la bonne raison que je ne suis pas les championnats européens), ce qui n’est pas le cas de Drogba. Et c’est bien dommage.

Je pense, sans être un spécialiste (je le répète une fois de plus), que pour que les Eléphants remportent la coupe d’Afrique ou aillent loin dans des compétitions internationales, tout sélectionneur sérieux devrait écarter à tout le moins l’un de ses deux joueurs, sinon les deux, ce qui serait justice.

Les Gervinho, Max Gradel, Tioté Cheick et autres Wilfried Bony n’attendent que leur heure pour briller davantage. Il faut leur donner leur chance, enfin. Hic et nunc ! Il est écrit et c’est la vérité : « Si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi… ». Il vaut mieux pour les supporteurs ivoiriens qu’il y ait un Eléphant borgne qui gagne qu’un Eléphant qui a les deux yeux et qui se fait chaque fois humilier par des Aigles ou par des…Chipolopolo.

 

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