Mohamed Morsy, President of the Arab Republic of Egypt addresses the general debate of the sixty-seventh session of the General Assembly.

Je respecte l’activisme révolutionnaire à la place Tahrir, cependant je n’adhère pas au coup d’Etat militaro-populaire qui a abouti au renversement du Président démocratiquement élu, il y a à peine un an, Mohamed Morsi.

Je crois en la démocratie, en tant que volonté du peuple qui s’exprime dans les urnes. Et je pense que même si on a constaté un relatif échec social et économique, en une toute petite année de mandat (honnêtement que peut-on faire en un an, dans un pays où les défis étaient aussi divers que nombreux ?) des Frères musulmans au pouvoir depuis le coup d’Etat militaro populaire (l’histoire est, semble-t-il, un recommencement en Egypte) qui a renversé Hosni Moubarak, Mohamed Morsi n’était pour autant pas un monstre froid qui méprisait royalement les droits de l’homme et usait systématiquement de la violence. Ma position est qu’il aurait fallu le laisser terminer son mandat.

Hier, des Egyptiens, appuyés par les Frères musulmans, ont réussi à chasser par la rue, Moubarak. Aujourd’hui, des Egyptiens, appuyés par des opposants vaincus aux élections démocratiques passées, ont réussi à chasser par la rue, Morsi. Demain, que pensez-vous que les partisans de Moubarak (qui doit être en ce moment l’homme le plus heureux d’Egypte, et pour cause…) et de Morsi, vaincus tous les deux dans la rue, feront eux aussi dans la rue, après l’avènement d’un nouveau Président fût-il démocratiquement élu ?

Bref. Le fait est que Morsi a été chassé. Mais quels enseignements en tirer en Afrique ?

Un : quand on parvient au pouvoir et quelle que soit sa légitimité, il faut collaborer avec les barons de l’armée de son prédécesseur et ne pas chercher à les écarter systématiquement.

Deux : si on considère que les manifestants n’étaient pas forcément majoritaires (la rue n’est pas forcément la majorité), il faut en tirer la conclusion que quand on arrive au pouvoir, il ne faut pas donner l’impression à une partie de la population (aussi minoritaire soit-elle), qu’on travaille pour satisfaire ses seuls électeurs.

Trois : dans nos Etats africains aux institutions si fragiles, il faut toujours songer à former un gouvernement d’union nationale ou de large ouverture (peu importe la terminologie utilisée, l’esprit étant d’associer le maximum de forces et d’intelligences possibles), quelle que soit la coalition politique qui nous a porté au pouvoir. Il est bien dommage que cela, le désormais ex-Président Morsi, ne l’ait compris que…hier seulement.

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